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Prolapsus génital : une thèse congolaise ouvre la voie à une prévention médicale innovante

Prolapsus génital : une thèse congolaise ouvre la voie à une prévention médicale innovante

La lutte contre le prolapsus génital chez la femme congolaise pourrait connaître une avancée majeure grâce aux travaux scientifiques menés par le Dr Antoine Tshimbundu Kayembe, Chef des travaux au département de gynécologie-obstétrique de la Faculté de médecine de l’Université de Kinshasa.

Soutenue le 15 janvier 2026, sa thèse d’agrégation en Médecine, intitulée « Les métalloprotéinases matricielles 1, 2 et 9 associées au prolapsus des organes pelviens chez les femmes congolaises de la ville de Kananga », apporte des arguments scientifiques solides en faveur d’une prévention hormonale du prolapsus génital, une pathologie fréquente mais encore sous-diagnostiquée en République démocratique du Congo.

Des biomarqueurs clés identifiés

Au cœur de cette recherche figure l’analyse des métalloprotéinases matricielles (MMP) 1, 2 et 9, des enzymes impliquées dans la dégradation du tissu conjonctif, jouant un rôle central dans le développement du prolapsus génital.

Les résultats montrent que ces métalloprotéinases sont significativement associées au prolapsus génital chez les femmes étudiées à Kananga.

S’appuyant sur la littérature scientifique internationale, la thèse rappelle que ces enzymes sont inhibées par les progestatifs, des médicaments déjà utilisés dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis et en Europe, comme stratégie préventive contre l’évolution du prolapsus génital.

Une piste thérapeutique adaptée au contexte congolais

L’un des apports majeurs de ce travail est de fournir un argument scientifique local en faveur de l’utilisation combinée de l’œstrogène et de la progestérone dans la prévention du prolapsus génital, en particulier chez les femmes à risque, avant l’apparition des symptômes.

Selon le Dr Tshimbundu Kayembe, l’objectif principal de la thèse était d’améliorer la prise en charge du prolapsus génital en RDC, en tenant compte des réalités socioculturelles et biomédicales locales, notamment chez les femmes, mères et sœurs de la ville de Kananga.

Des facteurs de risque clairement identifiés

La deuxième étude incluse dans cette thèse a permis d’identifier plusieurs facteurs de risque majeurs associés au prolapsus génital, parmi lesquels :

les travaux lourds et l’agriculture, la ménopause, la multiparité, les accouchements vaginaux multiples, les accouchements compliqués, les traumatismes obstétricaux.

Ces facteurs, qualifiés de facilement identifiables, peuvent être recherchés lors de toutes les consultations obstétricales et gynécologiques, même en milieu à ressources limitées.

Une recommandation forte pour la prévention

La thèse recommande que toute femme présentant ces facteurs de risque, même en l’absence de prolapsus génital avéré, puisse bénéficier précocement d’un traitement progestatif, dans le but de bloquer l’évolution vers la maladie.

Cette approche préventive pourrait représenter une révolution silencieuse dans la santé de la femme en RDC, en réduisant les complications, les interventions chirurgicales tardives et l’impact social du prolapsus génital.

Une recherche au service de la santé publique

À travers ce travail, le Dr Antoine Tshimbundu Kayembe démontre que la recherche médicale congolaise peut produire des solutions adaptées aux réalités locales, tout en s’inscrivant dans les standards scientifiques internationaux.

Une contribution majeure qui interpelle désormais les décideurs sanitaires, les cliniciens et les responsables des programmes de santé maternelle sur la nécessité d’intégrer la prévention hormonale ciblée dans la prise en charge du prolapsus génital en RDC.

Divine Mwaluke

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