Goma, 17 novembre 2024 — Le Festival Amani, événement majeur célébrant la culture et la paix en République Démocratique du Congo (RDC), a également été le théâtre d’une prise de position forte de la part de la population, membre du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA), qui a profité de cette plateforme pour faire entendre ses préoccupations aux autorités politiques, notamment au président Félix Tshisekedi.
Au cours de ce festival, des messages clés ont été lancés par les participants, adressant des demandes urgentes concernant la situation politique et sécuritaire du pays. Ces messages, porteurs d’espoirs et de frustrations, se résument en trois points cruciaux :
1. Libération de King : Les manifestants ont appelé à la libération immédiate de King, un détenu symbolique, qu’ils considèrent comme étant emprisonné de manière injuste sous l’état de siège. Selon eux, l’état de siège instauré dans certaines provinces ne semble pas apporter les résultats escomptés en matière de sécurité et est perçu comme inefficace. Ils exigent la libération de King, qui incarne pour eux la lutte contre un pouvoir jugé déconnecté des réalités du terrain.
2. Récupération des territoires occupés par le M23/RDF : Le second message fait état de l’urgence d’une action politique et militaire pour reprendre les territoires congolais occupés par les forces du M23 et leurs alliés présumés, les Rwanda (RDF). Les citoyens présents au festival ont exprimé leur désaveu de l’incapacité perçue du gouvernement à récupérer ces zones stratégiques et à défendre l’intégrité du territoire national.
3. Non à la révision de la Constitution pour un troisième mandat : Enfin, le dernier message portait sur la question de la révision constitutionnelle, un sujet qui divise profondément la classe politique et la population. Les manifestants ont exprimé leur opposition à toute tentative de modification de la Constitution qui permettrait à Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat actuel, prévu pour 2028. « Touche pas à ma constitution » a été le slogan phare de cette revendication, soulignant la volonté populaire de préserver la limitation des mandats présidentiels en RDC.
Ces messages ont été lancés dans un contexte où la population est confrontée à une insécurité persistante dans l’Est du pays, à une crise politique liée à la gestion des mandats présidentiels, et à un profond désenchantement vis-à-vis des promesses de changement portées par l’actuel gouvernement. Le Festival Amani s’est ainsi transformé en un moment de réflexion collective, où les citoyens ont pris la parole pour exprimer leurs attentes, leur frustration et leur vision d’un avenir plus sécurisé et démocratique pour la RDC.








