Kinshasa, le 11 mars 2025 – Face à la persistance du conflit à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), Junior Kudura, cadre de l’Union Sacrée de la Nation, appelle à une mobilisation nationale financière pour soutenir les forces armées congolaises. Il propose ainsi la création d’un impôt spécial dédié à l’effort de guerre, qui, selon lui, permettrait à chaque Congolais de contribuer de manière concrète à la défense nationale.
Un impôt pour matérialiser la mobilisation populaire
Lors d’une récente déclaration, Junior Kudura a insisté sur le fait que si les militaires se battent pour protéger la nation, tous les Congolais doivent, eux aussi, apporter leur contribution à l’effort de guerre.
« Nous devons tous être mobilisés. Cet impôt serait une manière de matérialiser notre engagement collectif et de renforcer le patriotisme national face à la menace qui pèse sur nous », a-t-il affirmé.
Selon lui, cet impôt serait structuré de manière progressive, en tenant compte des niveaux de revenus de chaque citoyen. L’objectif ne serait pas de pénaliser économiquement les Congolais, mais d’instaurer une contribution solidaire et obligatoire à la hauteur des moyens de chacun.
Des défis de mise en œuvre reconnus
Junior Kudura reconnaît cependant que la mise en place d’un tel impôt poserait plusieurs défis majeurs, notamment en raison de l’économie fragile du pays, de la fraude fiscale et de l’évasion des capitaux. Il admet également que les besoins militaires sont bien supérieurs à ce que pourrait rapporter un tel impôt, mais il insiste sur l’aspect symbolique et mobilisateur d’une telle mesure.
« On ne peut pas comprendre que nous demandions de l’aide humanitaire et militaire à l’étranger, alors que nous, Congolais, ne contribuons pas nous-mêmes à notre propre défense », a-t-il souligné.
Une initiative à soumettre au Parlement
Pour concrétiser cette idée, Junior Kudura propose que cette mesure soit portée soit par une initiative gouvernementale, soit par une proposition de loi déposée par un parlementaire. Il indique avoir constaté qu’entre septembre et décembre 2024, aucune proposition concrète n’a été débattue au Parlement sur la crise sécuritaire à l’Est.
« Il faut des mesures courageuses, qui ne seront peut-être pas populaires, mais qui sont nécessaires. Nous espérons que le Parlement jouera son rôle dans cette mobilisation nationale », a-t-il déclaré.
Un impôt en période de crise : acceptabilité et scepticisme
Bien que la proposition de Junior Kudura parte d’une volonté de solidarité nationale, elle risque de rencontrer des résistances, notamment en raison du coût de la vie déjà élevé et du manque de confiance de la population envers la gestion des finances publiques.
De nombreux Congolais pourraient voir cet impôt comme une charge supplémentaire en période de crise, d’autant plus que des critiques dénoncent régulièrement la mauvaise gestion des fonds publics et l’inefficacité des dépenses militaires.
Face à ces préoccupations, Junior Kudura insiste sur la nécessité d’une transparence totale dans l’utilisation de ces fonds, afin de garantir qu’ils servent réellement à l’effort de guerre et non à d’autres fins politiques ou administratives.
Une initiative réaliste ?
Si l’idée d’un impôt spécial pour la guerre n’est pas nouvelle dans l’histoire des conflits mondiaux, sa mise en œuvre en RDC pose de nombreux défis. L’initiative de Junior Kudura pourrait cependant ouvrir un débat national sur la contribution des citoyens à la défense de leur pays et inciter les autorités à explorer d’autres sources de financement pour soutenir l’armée.
Il reste maintenant à voir si cette proposition trouvera un écho favorable auprès du Parlement et du gouvernement, ou si elle sera rejetée au profit d’autres mécanismes de financement de l’effort de guerre.








