En mission d’itinérance dans la province de la Tshuapa, le ministre d’État au Développement rural, Muhindo Nzangi Butondo, a profité d’un arrêt à Mission ya Kala pour livrer un discours offensif mêlant critique politique, engagement patriotique et vision pour le désenclavement des territoires.
À bord d’un canot rapide, parcourant les voies navigables de desserte agricole dans la province de la Tshuapa, Muhindo Nzangi a tenu un discours aux accents politiques affirmés, ce jeudi 29 mai, à 7 km de Bokungu. Le ministre d’État a dénoncé la gestion de l’ancien président Joseph Kabila, qu’il accuse d’avoir contribué à l’enracinement de la pauvreté rurale et à l’isolement prolongé de nombreux territoires.
Se présentant comme un défenseur de la République, Nzangi a rappelé son passé d’opposant au régime Kabila, évoquant notamment sa condamnation en 2013 pour avoir publiquement accusé l’ancien président d’être à la fois à la tête des FARDC et du M23. Il a également ravivé les soupçons entourant les assassinats des colonels Mamadou Ndala et Lucien Bahuma, figures de la lutte contre les rébellions à l’Est.
S’adressant directement à Mbusa Nyamwisi, Nzangi a mis en garde contre toute tentative de rapprochement avec Joseph Kabila, qu’il décrit comme un acteur de la déstabilisation de l’Est. Il a insisté sur la vigilance politique à maintenir face à « ceux qui cherchent à séduire l’opinion en période de recomposition nationale ».
Au-delà du discours politique, le ministre a réitéré sa priorité : désenclaver les territoires grâce aux voies navigables. Il a rappelé que 94 des 145 territoires du pays pourraient être connectés via un projet validé par le Conseil des ministres, soutenu par le président Félix Tshisekedi. Cette initiative vise à faciliter l’évacuation des produits agricoles et à promouvoir un développement durable en zone rurale.
En clôture, Muhindo Nzangi a déclaré que « l’histoire jugera » les uns et les autres, assurant que son combat s’inscrit dans une logique de redressement de la République et de restauration de sa souveraineté.








