Par Joseph Kabila Kabange, Ancien Président de la République Démocratique du Congo
Il y a trois mois, je m’étais exprimé pour la première fois depuis mon départ du pouvoir en janvier 2019. À cette occasion, j’avais tiré la sonnette d’alarme sur l’état préoccupant de la Nation et proposé un plan en douze points pour mettre fin à la crise en cours. Aujourd’hui, je m’adresse de nouveau aux Congolais, non par faiblesse ou crainte pour mon destin personnel, mais par profonde inquiétude pour l’avenir de notre pays.
Le simulacre de procès intenté contre moi, les arrestations de nombreux officiers supérieurs et la gouvernance téméraire qui prévaut dans le pays ne sont pas des événements isolés : ce sont les symptômes d’une crise profonde de leadership, de justice et d’orientation nationale.
Sur le procès intenté contre moi
En mai 2025, le Sénat a levé mes immunités constitutionnelles, ouvrant la voie à une juridiction militaire pour engager des poursuites pour trahison, crimes de guerre, meurtre, viol, torture et complicité avec des groupes armés. Ces accusations sont infondées et politiquement motivées, destinées à réduire l’opposition au silence et à permettre au régime en place de régner sans partage. Aucun élément tangible n’a été présenté pour étayer ces accusations.
Sur l’arrestation des généraux et la militarisation de la politique
Au cours des quatre dernières années, près de soixante officiers supérieurs ont été arrêtés et détenus sans procès, certains étant morts en détention faute de soins. Depuis juillet 2025, de nombreux hauts gradés ont été accusés de comploter contre le régime, sans que la justice ne conduise de procédures transparentes. Ces arrestations constituent de véritables purges politiques, affaiblissant notre armée et mettant en danger la sécurité nationale.
Sur la corruption et le pillage familial
Les accusations portées contre moi servent également à détourner l’attention des actes de corruption et de népotisme au sein du régime actuel. Les provinces riches en minerais, notamment le Katanga, continuent d’être pillées par l’entourage du pouvoir, alors que la population vit dans la pauvreté.
Sur la paix et la réconciliation nationale
Malgré des accords de paix, la violence perdure dans plusieurs régions, alimentée par des groupes armés tels que l’ADF, les FDLR et la CODECO. Les communautés locales, abandonnées par le pouvoir en place, continuent de subir massacres et exactions. La réconciliation véritable ne peut passer par des procès sélectifs ou des accords superficiels : elle exige un dialogue authentique réunissant tous les acteurs politiques, religieux et de la société civile.
Sur les violences contre les missions diplomatiques
Lors de rassemblements à Kinshasa, la milice urbaine du régime a attaqué plusieurs missions diplomatiques, y compris les ambassades des États-Unis, de la France, du Kenya, de l’Ouganda et du Rwanda. Ces actes violent le droit international et mettent en danger des vies innocentes.
Appel aux partenaires internationaux
Je demande aux partenaires du Congo de regarder au-delà des apparences. Les procès et arrestations en cours ne visent ni la justice ni la paix : ils visent uniquement à consolider un pouvoir et à détourner l’opinion publique. Soutenir cette voie ne fera qu’approfondir les divisions et affaiblir le pays.
Conclusion
L’histoire ne jugera pas les accusations portées les uns contre les autres, mais le courage que nous montrerons à unir le peuple congolais et à répondre à ses véritables besoins. La réconciliation ne sera possible que lorsque les violations des droits humains et la persécution politique cesseront. Si ces politiques se poursuivent, les conséquences dramatiques en seront entièrement la responsabilité du régime en place.
Joseph Kabila Kabange
Ancien Président de la République Démocratique du Congo








