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Procès à Paris : Roger Lumbala implore l’intervention de Jean-Pierre Bemba

Procès à Paris : Roger Lumbala implore l’intervention de Jean-Pierre Bemba

Paris / Kinshasa — 16 novembre 2025.

Poursuivi en France pour complicité de crimes contre l’humanité liés au conflit armé en Ituri au début des années 2000, l’ancien chef du RCD-N, Roger Lumbala, a adressé depuis sa cellule de la prison parisienne de la Santé une lettre au président du MLC, Jean-Pierre Bemba Gombo, sollicitant son intervention.

Dans ce courrier, dont nous avons obtenu copie, Lumbala affirme être victime d’un « procès néocolonial » mené par la justice française. Il reproche à certaines ONG internationales, « en collaboration avec une organisation angolaise », d’avoir financé le déplacement de Congolais venus témoigner contre lui.

Il regrette également « l’absence totale de réaction » des dirigeants congolais et de son entourage politique.

L’ancien député dit avoir contesté, dès l’ouverture du procès, la compétence de la Cour d’assises de Paris pour le juger. Après le rejet de sa requête, il refuse désormais de comparaître et affirme avoir entamé une grève de la faim malgré « un état de santé précaire ».

Dans un plaidoyer adressé à Jean-Pierre Bemba, Lumbala demande au patron du MLC — également ancien vice-président de la République et ex-chef militaire — d’intervenir auprès de l’ambassade de France ou de la MONUSCO, notamment en apportant un témoignage par visioconférence.

Il rappelle que le RCD-N, mouvement qu’il dirigeait, « n’avait ni armée, ni police, ni armes, ni munitions », et qu’il ne possédait aucune autorité sur les unités combattantes opérant en Ituri, dont celles du général Constant Ndima. Il soutient également n’avoir participé à aucune réunion stratégique, évoquant notamment l’accord de Gbadolite de 2002 qu’il affirme avoir signé sans prendre part aux négociations.

Le procès de Roger Lumbala, ouvert le 12 novembre à Paris, constitue l’une des rares procédures en Europe concernant des faits commis lors des conflits armés en RDC. L’issue du dossier pourrait avoir un impact politique important alors que plusieurs cadres congolais sont régulièrement cités dans des enquêtes internationales sur les violences de l’époque.

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