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Le Togo annonce une conférence de haut niveau sur la crise dans l’Est de la RDC pour janvier 2026

Le Togo entend reprendre l’initiative dans le processus de résolution de la crise sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo. Lomé a annoncé l’organisation, le 17 janvier 2026, d’une conférence de haut niveau consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. Une décision saluée par les partenaires internationaux engagés dans la mise en œuvre de l’accord de paix de Washington.

Selon le communiqué final publié le 20 novembre 2025 par le département d’État américain à l’issue d’une réunion du Mécanisme conjoint de coordination en matière de sécurité (JSCM), « les membres ont remercié le Togo pour son intention d’accueillir la Réunion de haut niveau (…) afin de renforcer la confiance et de faire progresser le processus de paix ». Le document salue également « le rôle indispensable » joué par les États-Unis, en particulier le président Donald Trump, dans la dynamique actuelle.

Un signal fort du médiateur désigné par l’Union africaine

Bien que médiateur désigné par l’Union africaine pour la région des Grands Lacs, le Togo était jusqu’ici resté en retrait de la scène diplomatique depuis l’entrée en jeu des États-Unis et du Qatar. L’annonce de cette conférence marque donc un tournant : Lomé cherche à se positionner comme un acteur clé de la coordination entre les initiatives africaines et celles pilotées par Washington et Doha.

Sous la conduite du président Faure Essozimna Gnassingbé, le Togo veut désormais assurer un rôle plus visible et structurant dans un processus qui a souvent souffert de chevauchements et de rivalités diplomatiques.

Une initiative qui s’inscrit dans un mouvement plus large

Cette annonce intervient dans un contexte où plusieurs puissances ont récemment renforcé leur implication dans la recherche d’une solution durable pour l’Est de la RDC. Le 30 octobre dernier, la France avait organisé à Paris, en coordination avec Lomé, une Conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, qui avait permis de mobiliser plus de 1,5 milliard d’euros en faveur des populations vulnérables et de soutenir les efforts de médiation en cours.

La réunion de janvier vise à s’appuyer sur cette dynamique, tout en offrant une plateforme de convergence entre les différents processus de négociation – américains, qataris et africains.

Une médiation africaine en recomposition

Faure Gnassingbé a été choisi pour succéder à João Lourenço en tant que médiateur de l’Union africaine dans le conflit opposant la RDC au Rwanda. Sa nomination, validée par le Bureau de l’UA après consultations, marque la volonté de l’organisation continentale de renforcer son rôle dans la gestion des crises internes africaines.

Le médiateur togolais devra travailler en coordination avec l’équipe élargie de facilitateurs issue du rapprochement des processus de Luanda et de Nairobi. Cette équipe comprend notamment Uhuru Kenyatta, Sahle-Work Zewde, Catherine Samba-Panza, Olusegun Obasanjo et Kgalema Motlanthe, selon le communiqué final du sommet conjoint virtuel EAC–SADC du 24 mars 2025.

Une rencontre stratégique très attendue

La conférence du 17 janvier 2026 s’annonce comme un rendez-vous majeur pour tenter de redonner de la cohérence à une médiation fragmentée entre plusieurs acteurs. Elle devra aborder des questions essentielles : coordination politique, sécurité régionale, mécanismes de désescalade, mais aussi soutien humanitaire et intégration économique.

Pour le Togo, ce sommet représente une occasion de s’affirmer comme un pivot diplomatique crédible dans une crise qui demeure l’une des plus complexes du continent. Pour la région, il pourrait constituer une étape déterminante vers une relance du processus de paix, alors que les tensions restent vives entre Kinshasa et Kigali, accusé de soutenir la rébellion du M23.

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