La République démocratique du Congo affirme disposer des moyens financiers nécessaires pour faire face à une éventuelle intensification du conflit à l’Est du pays. En interview sur France 24, le Vice-Premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Mizito, a révélé que le gouvernement congolais a prévu une enveloppe de 5 milliards de dollars destinée au financement de l’effort de guerre sur une période de cinq ans.
Selon le ministre, cette planification budgétaire traduit la volonté de Kinshasa de ne pas subir les événements, dans un contexte marqué par les tensions persistantes avec le Rwanda et la poursuite des activités de l’AFC/M23 sur le territoire congolais. Il souligne que la RDC a fait le choix de la voie diplomatique, notamment à travers la signature d’accords visant à ramener la paix dans la région.
Toutefois, le gouvernement estime que ces engagements ne produisent pas encore les résultats escomptés. « Nous ne sommes pas naïfs », a insisté Adolphe Mizito, rappelant que l’État congolais s’est préparé à toutes les éventualités, y compris militaires, en mobilisant à l’avance les ressources financières nécessaires.
Cette déclaration intervient alors que l’AFC/M23 contrôle, selon les autorités, la plus vaste étendue de territoire jamais occupée par un mouvement rebelle en RDC depuis les années 1990. Des inquiétudes demeurent quant à un possible élargissement du conflit vers le sud du pays, notamment vers des zones stratégiques à forte valeur minière.
Pour Kinshasa, la préparation budgétaire n’est pas contradictoire avec la recherche de la paix. Le gouvernement affirme que la diplomatie reste l’option privilégiée, mais que la défense de l’intégrité territoriale impose d’anticiper les moyens humains, matériels et financiers nécessaires.
En mettant en place un financement pluriannuel de la défense, la RDC entend démontrer à la fois sa volonté de paix et sa détermination à protéger sa souveraineté nationale si elle y est contrainte.








