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RDC : l’opposition appelle à une « ville morte » à Kinshasa contre le projet de changement de la constitution

RDC: l’opposition appelle à une « ville morte » à Kinshasa contre le projet de changement de la constitution

La tension politique continue de monter en République démocratique du Congo autour du débat sur la révision ou le changement de la Constitution. Les principales figures de l’opposition ont appelé à une journée « ville morte » prévue le mercredi 3 juin à Kinshasa pour protester contre les initiatives institutionnelles soutenues par la majorité présidentielle.

À travers cette mobilisation, l’opposition entend dénoncer ce qu’elle considère comme une remise en cause de l’ordre constitutionnel actuel. Dans leurs prises de parole, plusieurs responsables politiques accusent le président Félix Tshisekedi de vouloir ouvrir la voie à une modification de la Constitution susceptible de prolonger son maintien au pouvoir.

Cette montée de tension intervient après les débats houleux enregistrés à l’Assemblée nationale autour de la proposition de loi du député Paul Gaspard Ngondankoy relative à l’organisation du référendum en RDC.

Le texte, déclaré recevable sous réserve d’amendements par la Commission politique, administrative et juridique (PAJ), accorde notamment un rôle central au chef de l’État dans le déclenchement du processus référendaire. Selon ses détracteurs, cette initiative pourrait permettre de contourner certaines dispositions jugées verrouillées par l’article 220 de la Constitution, notamment celles relatives à la durée et au nombre des mandats présidentiels.

La semaine dernière déjà, le groupe parlementaire « Ensemble », seule composante de l’opposition représentée à la chambre basse du Parlement, avait quitté la plénière pour protester contre l’examen de cette proposition de loi.

Malgré ce boycott, le président de l’Assemblée nationale avait poursuivi les travaux, estimant que le peuple congolais devait pouvoir se prononcer sur les réformes institutionnelles envisagées.

L’opposition, elle, estime que ce débat intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par l’état de siège toujours en vigueur dans certaines provinces de l’Est et par l’occupation de plusieurs zones par la rébellion AFC/M23 soutenue, selon Kinshasa, par le Rwanda.

Alors que la majorité présidentielle défend la nécessité d’adapter les institutions aux réalités actuelles du pays, l’opposition promet de maintenir la pression dans les prochains jours afin d’empêcher toute réforme qu’elle juge contraire à l’esprit de la Constitution de 2006.

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