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Crise sécuritaire dans l’Est de la RDC : Flou autour de l’initiative de la CENCO et de l’ECC, Patrick Muyaya et le Révérend Éric Senga clarifient

Crise sécuritaire dans l’Est de la RDC : Flou autour de l’initiative de la CENCO et de l’ECC, Patrick Muyaya et le Révérend Éric Senga clarifient

Kinshasa, 11 février 2025 – Alors que l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) est toujours en proie à l’insécurité grandissante, une initiative des Églises catholiques et protestantes suscite interrogations et spéculations. La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) ont récemment présenté un pacte social pour la paix, mais leur démarche a été interprétée de différentes manières, notamment quant à son lien avec le gouvernement.

Face à cette confusion, Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, ainsi que le Révérend Éric Senga, représentant des confessions religieuses, ont tenu à clarifier la situation.

Pas de Mandat Officiel de la Présidence, Selon Patrick Muyaya

Dans une déclaration ce mardi, Patrick Muyaya a tenu à dissiper les malentendus :

« Le président de la République n’a donné aucun mandat aux Églises. Elles ont présenté leurs propositions, et il réagira en temps voulu. »

Cette mise au point intervient alors que certaines voix laissaient entendre que cette initiative était orchestrée par la présidence pour proposer une solution alternative à la crise sécuritaire dans l’Est du pays. Le ministre a précisé que les propositions des Églises sont indépendantes et que le gouvernement en prendra connaissance avant de donner une réponse officielle.

Une Démarche Religieuse et Non Politique, Affirme le Révérend Éric Senga

De son côté, le Révérend Éric Senga, porte-parole de l’ECC, a également tenu à remettre les pendules à l’heure :« L’initiative du pacte social pour la paix est propre aux Églises catholiques et protestantes. Nous ne sommes pas dans un agenda politique dicté par la présidence, malgré ce que certains laissent entendre. »

Cette déclaration vise à rassurer ceux qui soupçonnaient une instrumentalisation politique de cette démarche par le gouvernement ou à l’inverse, une tentative de pression des Églises sur les autorités congolaises. Pour le Révérend, l’Église joue son rôle de médiatrice et d’actrice de paix, en proposant une solution qui se veut inclusive et participative.

Un Contexte Sécuritaire Explosif dans l’Est du Pays

Cette initiative intervient dans un climat de tension extrême dans l’Est de la RDC, où les groupes armés, notamment le M23-AFC, continuent de menacer la stabilité du pays. Face à cette situation, plusieurs acteurs de la société civile, des organisations internationales et désormais les confessions religieuses tentent d’apporter des pistes de solution pour restaurer la paix.

Le pacte social proposé par la CENCO et l’ECC comprendrait des recommandations sur la gouvernance sécuritaire, le dialogue avec certaines communautés locales et la promotion de la réconciliation nationale. Toutefois, son contenu détaillé n’a pas encore été dévoilé dans sa totalité.

Un Équilibre Délicat Entre l’Église et l’État

L’implication de l’Église dans les grandes questions nationales n’est pas nouvelle en RDC. Historiquement, la CENCO et l’ECC ont souvent joué un rôle de contrepoids politique et moral, que ce soit lors des élections ou des crises sécuritaires. Cependant, leur intervention est parfois perçue comme un défi aux autorités en place.

Dans ce contexte, le gouvernement semble prudent quant à la manière dont il répondra à cette initiative religieuse, soucieux de ne pas alimenter une perception de fragilité ou de perte de contrôle sur la situation sécuritaire.

Que Peut-on Attendre ?

Si le président Félix Tshisekedi n’a pas encore officiellement réagi aux propositions des Églises, plusieurs scénarios sont envisageables :

1. Un accueil positif, avec une prise en compte des recommandations dans la stratégie gouvernementale.

2. Une mise à distance, si les propositions ne cadrent pas avec la ligne adoptée par le gouvernement.

3. Une réponse mesurée, reconnaissant l’initiative sans nécessairement l’adopter intégralement.Dans tous les cas, la question de la paix dans l’Est de la RDC reste une priorité absolue, et cette initiative des Églises, qu’elle soit validée ou non par les autorités, témoigne de l’urgence de trouver une solution durable.

Affaire à suivre…

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