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Crise sécuritaire en RDC : L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) annule sa participation aux négociations de Luanda

Crise sécuritaire en RDC : L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) annule sa participation aux négociations de Luanda

Coup de théâtre dans le processus de dialogue entre la République Démocratique du Congo et le M23. L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a annoncé son retrait des négociations de Luanda, dénonçant les sanctions internationales imposées à ses membres, qui, selon elle, compromettent gravement le dialogue et rendent toute avancée impossible.

Les sanctions internationales au cœur des tensions

Dans un communiqué, l’AFC/M23 exprime ses profonds regrets face à ce qu’elle considère comme des manœuvres visant à saboter les efforts de paix en RDC.

“Certaines institutions internationales s’emploient délibérément à saboter les efforts de paix en RDC et à rendre impossibles les pourparlers tant attendus. Les sanctions successives imposées à nos membres, y compris celles adoptées à la veille des discussions de Luanda, compromettent gravement le dialogue direct et empêchent toute avancée”, affirme l’AFC/M23.

Cette annonce intervient après que l’Union européenne a adopté de nouvelles sanctions contre plusieurs cadres du M23 et des hauts gradés de l’armée rwandaise, accusés de soutenir l’insurrection dans l’Est de la RDC. Parmi les figures visées, Bertrand Bisimwa, président du M23, ainsi que des officiers rwandais impliqués dans le conflit.

Kinshasa était prêt à négocier

De son côté, le gouvernement congolais avait confirmé sa disponibilité à envoyer une délégation de cinq personnes, principalement composée d’experts. Selon des sources proches du dossier, Patrick Mutombo, ancien coordonnateur-adjoint du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, était pressenti pour diriger l’équipe congolaise.

Cette volte-face de l’AFC/M23 risque de figer le processus diplomatique, alors que la médiation angolaise menée par le président Joâo Lourenço cherchait à ouvrir un canal de discussion pour désamorcer la crise.

Quel avenir pour les négociations ?

L’annulation de la participation de l’AFC/M23 soulève des doutes sur la viabilité d’un dialogue direct entre Kinshasa et le mouvement rebelle. De plus, les exigences du M23, qui se considère comme une entité à part entière sous la bannière de l’Alliance Fleuve Congo, compliquent la dynamique des discussions.

Alors que la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC reste extrêmement tendue, la question se pose désormais : la médiation angolaise pourra-t-elle encore ramener les parties à la table des négociations, ou assiste-t-on à une impasse diplomatique ?

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