Johannesburg, 19 mars 2025 – L’ancien président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, a rejeté mardi les accusations l’impliquant dans la rébellion du M23, qualifiant ces allégations d’infondées et exigeant des preuves de ses détracteurs.
“Ces accusations sont tout simplement infondées. La prochaine fois que vous le verrez, demandez-lui de vous fournir les preuves de ses dires,” a-t-il déclaré à la presse après sa rencontre avec l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, au siège de la Fondation Mbeki, à Johannesburg.
Cette déclaration intervient alors que le M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs rapports internationaux, continue de semer l’instabilité dans l’Est de la RDC, en occupant plusieurs localités stratégiques et en boycottant les négociations de Luanda.
Un appel à revenir aux fondamentaux pour restaurer la stabilité
Au-delà des accusations dont il fait l’objet, Joseph Kabila a tenu à rappeler l’importance de revenir aux bases de la gouvernance pour restaurer la paix et la stabilité en RDC.
“Pendant près de 16 ans, la RDC était stable. Certes, pas à 100 %, mais suffisamment pour progresser économiquement et avancer dans d’autres domaines. Nous devons nous interroger sur les erreurs commises, notamment en matière de gouvernance, de respect de l’État de droit et de la Constitution.”
Sur le retrait de la SAMIDRC et l’implication régionale
Concernant le retrait de la Mission de la SADC en RDC (SAMIDRC), Joseph Kabila a relativisé son impact sur la situation sécuritaire.
“Je ne vois pas de grandes perturbations avec ce retrait. Ces forces étaient déployées autour de Goma. Si leur départ pose problème, il faut en parler. Mais la stabilité de la RDC dépend avant tout de nous-mêmes.”
Il a également insisté sur la nécessité d’un dialogue entre Congolais, critiquant le fait que les discussions sur la crise congolaise se tiennent souvent sans la participation active des citoyens congolais eux-mêmes.
“Tout le monde parle de la RDC à Nairobi, en Afrique du Sud… mais où sont les Congolais ? Nous devons nous asseoir ensemble pour comprendre nos erreurs et éviter de replonger dans le même cycle d’instabilité.”
Un engagement pour la paix, mais pas un retour en politique
Lorsqu’on lui a demandé s’il envisageait un retour à la présidence, Joseph Kabila a éludé la question, préférant insister sur son engagement pour la paix.
“Nous devons travailler honnêtement pour la paix, comme nous l’avons fait il y a 22 ans. Aujourd’hui, nous avons plus d’expérience, nous devons agir de manière informée et efficace.”
Le rôle des voisins et de la communauté internationale
Joseph Kabila a également pointé les responsabilités des acteurs régionaux et internationaux dans la stabilité de la RDC. Il a rappelé qu’en 2018, alors qu’il quittait la présidence, il avait affirmé que le Congo n’était plus “l’homme malade” de la région.
“Il ne faut pas que tous les cinq ans, il y ait la paix, puis dix ans après, la guerre. Nous devons comprendre où nous avons échoué pour ne pas répéter les mêmes erreurs »








