Kinshasa, 25 avril 2025 – La scène a attiré l’attention : Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo, a été aperçu vendredi à Eswatini (ex-Swaziland), lors des festivités du 57e anniversaire du roi Mswati III, aux côtés de plusieurs dirigeants africains, dont Jacob Zuma. Une apparition qui survient dans un contexte politique particulièrement tendu pour l’ex-chef d’État.
Alors que des rumeurs faisaient état de sa présence imminente à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu occupé en partie par le groupe rebelle M23 et ses alliés de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), soutenus par le Rwanda, les autorités congolaises ont décidé de passer à l’action.
Le 19 avril dernier, le gouvernement a suspendu le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), parti fondé par Joseph Kabila. Le ministère de l’Intérieur accuse le PPRD d’un “silence complice” face aux exactions du M23 dans l’est du pays, évoquant une menace contre la sécurité nationale.
Dans la foulée, le ministère de la Justice a ordonné la saisie des biens de Joseph Kabila ainsi que de plusieurs cadres du parti, les accusant d’actes équivalant à une haute trahison. Des poursuites judiciaires ont été engagées, bien que les détails précis des charges n’aient pas été rendus publics à ce jour.
Ces décisions marquent une montée spectaculaire des tensions entre l’actuel pouvoir et l’ancien président, qui avait quitté la scène publique depuis la fin de son mandat en 2019. Son retour sur le devant de la scène régionale alimente les spéculations sur ses ambitions politiques et son rôle dans la crise sécuritaire actuelle.
Du côté du PPRD, la riposte est déjà amorcée. Le secrétaire permanent adjoint Ferdinand Kambere a dénoncé une “manipulation politique grossière”, affirmant que ces mesures visent à étouffer toute opposition crédible dans le pays.
Alors que la région du Nord-Kivu continue de sombrer dans la violence, la pression monte à Kinshasa, où l’opinion publique s’interroge sur l’avenir de la stabilité politique et sur le véritable rôle que joue Joseph Kabila dans l’ombre.








