Kinshasa, 18 juillet 2025 — Dans un contexte de crise écologique persistante en République Démocratique du Congo, M. Victor Lumbala Ilunga, doctorant en Droit à l’Université de Kinshasa, a soutenu ce vendredi une thèse de doctorat remarquable sur la protection judiciaire de l’environnement en droit congolais. Ses travaux, salués par le jury avec la mention la plus grande distinction, appellent à la création urgente d’une juridiction spécialisée en matière environnementale.
Un constat alarmant : l’environnement congolais en danger
Dans son exposé, le chercheur dresse un tableau sombre de l’état de l’environnement en RDC : érosion, inondations, pollution des rivières, maladies liées à la dégradation du milieu de vie, autant de réalités qui compromettent le droit fondamental à un environnement sain, pourtant garanti par l’article 53 de la Constitution.
«L’homme est à la fois acteur et victime de cette dégradation. Par son activité, il modifie son environnement, mais il est aussi le premier à en subir les conséquences, notamment sanitaires», a-t-il expliqué devant un auditoire attentif.
Un cadre juridique riche, mais inefficace ?
Le doctorant a rappelé que la RDC est dotée d’un arsenal juridique conséquent en matière de protection de l’environnement : Constitution, Code minier, Code forestier, loi de 2011 sur les principes fondamentaux de l’environnement, ainsi que des engagements internationaux (Stockholm 1972, Rio 1992). Mais selon lui, l’application de ces textes reste largement défaillante.
«Le droit congolais prévoit, mais ne prévient pas. Il sanctionne mal, ou pas du tout. C’est tout le problème.»
Une proposition forte : une juridiction spécialisée
Au cœur de sa thèse, une proposition originale : la mise en place d’une juridiction spécialisée en matière environnementale, chargée de juger les litiges liés aux atteintes à la nature et de garantir une réparation adéquate des préjudices.
Cette juridiction permettrait notamment :
• une meilleure prise en charge des contentieux écologiques,
• une formation adaptée des magistrats,
• et une efficacité accrue dans la répression des infractions environnementales.
Une soutenance saluée par le monde académique
Présidée par le Professeur Amisi Herady, la soutenance s’est tenue en présence d’un jury composé de sommités du monde académique congolais, dont les Professeurs Kabanda Boniface, Mwanzo Idin Aminye et Kabuya Kabeya Tshilombo. Tous ont souligné la pertinence, l’originalité et la rigueur méthodologique du travail présenté.
Le Recteur de l’Université, le Professeur Jean-Marie Kayembe Ntumba, a salué une thèse «d’une haute portée sociale et juridique, qui place le droit au service de la survie écologique de notre pays».
Vers une justice verte en RDC ?
À l’heure où les catastrophes naturelles se multiplient et où la population subit de plein fouet les effets du changement climatique, la proposition de M. Lumbala résonne comme un appel à l’action politique et judiciaire. Une chose est sûre : le débat sur la création d’une justice verte en RDC est désormais lancé.
Divine Mwaluke








