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RDC : Kinshasa dénonce la poursuite des violences à l’Est et appelle à des sanctions ciblées contre Kigali

RDC : Kinshasa dénonce la poursuite des violences à l’Est et appelle à des sanctions ciblées contre Kigali

Kinshasa, 25 novembre 2025.

Les autorités congolaises ont exprimé leur profonde frustration face à la persistance des violences dans l’Est du pays, alors même que des pourparlers sont en cours avec le mouvement rebelle M23. Malgré les engagements pris sur la scène régionale et internationale, Kinshasa accuse le M23 de jouer la double stratégie : afficher une posture coopérative tout en poursuivant ses offensives sur le terrain.

Une façade diplomatique qui cache des offensives armées

Selon le gouvernement congolais, le M23 maintient une participation de façade aux initiatives de paix, mais cherche simultanément à occuper de nouvelles localités stratégiques. Cette contradiction fragilise davantage un processus déjà délicat et expose les populations civiles à une violence persistante.

Kinshasa exige une redevabilité immédiate

Le gouvernement insiste sur un point central : aucune paix durable n’est possible sans redevabilité.

Il demande que tous les acteurs armés, ainsi que leurs soutiens extérieurs, soient tenus responsables de leurs actes, en particulier dans la région des Grands Lacs où les tensions restent vives.

Pression accrue sur la communauté internationale

Kinshasa appelle la communauté internationale — et notamment l’Union européenne — à sortir de sa prudence diplomatique. Les autorités congolaises exhortent l’UE à envisager des sanctions ciblées contre le Rwanda, accusé de soutenir le M23, des accusations étayées par plusieurs rapports d’experts des Nations unies.

Le gouvernement congolais critique une certaine « inertie européenne », rappelant que l’UE a déjà démontré sa capacité à prendre des mesures fortes, notamment à travers le régime de sanctions adopté contre la Russie.

Pour Kinshasa, il s’agit désormais d’adopter la même fermeté en Afrique centrale.

Sanctions individuelles et sectorielles : le Congo veut du concret

Les autorités précisent que les actions possibles vont :

des sanctions individuelles (gel des avoirs, interdictions de voyage), aux mesures visant des entreprises ou institutions potentiellement impliquées dans le soutien logistique ou financier au M23.

L’objectif est clair : créer un rapport de force réaliste permettant la tenue de négociations crédibles.

Blocage de l’aéroport de Goma : l’indignation de Kinshasa

Kinshasa déplore également le silence international après le blocage par Kigali de la réouverture de l’aéroport de Goma, un point crucial pour l’aide humanitaire. Cette situation survient à peine quelques jours après la conférence humanitaire de Paris, consacrée à l’Est du Congo, ce qui renforce l’impression d’un décalage entre discours et actions.

« Il s’agit de vies humaines, pas d’un jeu diplomatique »

Pour les autorités congolaises, le constat est sans équivoque : l’enjeu dépasse les calculs politiques.

Il s’agit de millions de vies humaines, de populations prises au piège d’un conflit prolongé, et d’un processus de paix fragilisé par des attitudes ambiguës.

Kinshasa dit attendre de ses partenaires internationaux une réponse proportionnée à l’urgence, en soutien réel à la stabilité de la région des Grands Lacs.

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