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Kinshasa : tensions à Ngaba après l’interpellation de militants de Lamuka

Kinshasa : tensions à Ngaba après l’interpellation de militants de Lamuka

 tensions ont éclaté ce mardi 24 mars 2026 au rond-point Ngaba, dans la ville de Kinshasa, où plusieurs cadres et militants des ligues de jeunes de la coalition d’opposition Lamuka ont été interpellés par les forces de l’ordre.

Ces derniers menaient une action de sensibilisation contre un éventuel projet de révision de la Constitution, dans un contexte politique déjà marqué par une forte méfiance entre l’opposition et les autorités en place.

Selon des sources concordantes proches de l’opposition, parmi les personnes arrêtées figurent notamment Badjoko, membre de l’ECiDé, ainsi que Balela, affilié à l’ADD Congo. Plusieurs autres jeunes militants ont également été appréhendés lors de cette intervention policière.

Parmi les personnes interpellées figurent également des femmes, dont Divine Mwaluke Kandolo, connu comme journaliste proche de l’opposition et agente au service de presse et communication de l’Université de Kinshasa. Sa présence sur les lieux, selon ses proches, s’inscrivait dans une démarche d’observation et de couverture citoyenne de l’activité. Son interpellation suscite une vive émotion dans les milieux médiatiques et associatifs, où l’on s’inquiète d’une possible atteinte à la liberté de la presse et à la protection des professionnels de l’information.

D’après des témoignages recueillis sur place, l’opération de dispersion aurait été marquée par un usage de la force jugé excessif. Plusieurs manifestants rapportent avoir été violemment pris à partie par des agents de la Police nationale congolaise, évoquant des coups de matraque, des bousculades et des arrestations brutales, faisant état de plusieurs blessés, dont certains auraient été évacués vers des structures sanitaires de la capitale.

À ce stade, aucun bilan officiel des interpellations ni des personnes blessées n’a été communiqué par les autorités compétentes. Ce silence alimente les spéculations et renforce les inquiétudes quant à la gestion sécuritaire des manifestations publiques.

Les militants affirment qu’ils tentaient de mobiliser la population autour de leur message dans le cadre d’une campagne pacifique de sensibilisation, insistant sur le caractère non violent de leur démarche. Selon eux, aucun acte de provocation n’aurait été posé avant l’intervention des forces de l’ordre.

L’intervention des services de sécurité serait intervenue alors que le rassemblement n’avait pas encore pris une ampleur significative, ce qui soulève des interrogations sur la proportionnalité de la réponse policière.

En réaction, la coalition Lamuka ainsi que le parti ADD Congo ont exigé la libération immédiate et sans condition des personnes arrêtées. Ils dénoncent ce qu’ils qualifient d’atteinte grave aux libertés publiques, notamment la liberté d’expression et le droit de manifester, pourtant garantis par la Constitution de la République démocratique du Congo.

Jusqu’à présent, aucune communication officielle de la Police nationale congolaise n’a été rendue publique concernant ces événements.

Sur le terrain, la situation demeure tendue dans la commune de Ngaba, où une présence policière renforcée est signalée. Des observateurs de la société civile appellent au calme et à la retenue, redoutant une escalade des tensions si des mesures d’apaisement, telles que l’ouverture d’un dialogue ou la libération des personnes interpellées, ne sont pas rapidement engagées par les autorités.

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