À Kinshasa, la classe politique multiplie déclarations, conférences de presse et prises de position autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle et de l’avenir politique du pays à l’horizon 2028. Dans les couloirs du pouvoir comme dans les rangs de l’opposition, le débat sur la Constitution occupe désormais le devant de la scène nationale.
Mais pendant ce temps, dans l’Est de la République démocratique du Congo, les populations continuent de vivre sous la menace permanente des groupes armés.
Dans la nuit du dimanche au lundi 18 mai, au moins 14 personnes ont encore été tuées dans une attaque attribuée aux terroristes des ADF dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Les assaillants ont ciblé simultanément plusieurs carrés miniers de Malindi, Sianai et Rwenzori, selon la société civile locale. Plusieurs habitants restent également portés disparus.
Comme souvent après chaque massacre, les condamnations se succèdent, tandis que les populations locales dénoncent l’absence d’une réponse sécuritaire capable de mettre fin durablement aux violences. Dans les chefferies de Babila-Bakwanza et Babombi, proches du Nord-Kivu, des habitants affirment vivre dans la peur permanente, au rythme des incursions armées.
Pendant que Kinshasa discute de réforme constitutionnelle, de troisième mandat ou encore de la possibilité d’organiser ou non les élections en 2028, dans certaines régions de l’Est, la priorité des populations reste avant tout de survivre.
Ce contraste alimente de plus en plus de frustrations au sein de l’opinion. Beaucoup estiment que les débats politiques nationaux semblent éloignés des réalités vécues quotidiennement par les habitants des zones en conflit.
Car pour de nombreuses familles de l’Ituri, du Nord-Kivu ou encore du Sud-Kivu, la véritable urgence n’est ni électorale ni institutionnelle : elle est sécuritaire, humanitaire et vitale.
La rédaction








