Intervenant lors d’un Space organisé lundi sur X, l’opposant Delly Sesanga a développé une argumentation juridique et politique contre le projet de révision ou de changement de la Constitution soutenu par la majorité présidentielle.
Le président du parti Envol a d’abord remis en cause la légitimité du Parlement actuel à agir en tant que pouvoir constituant originaire. Selon lui, les députés élus lors des élections de 2023 ont reçu du peuple un mandat législatif destiné à élaborer les lois ordinaires et non à remettre en cause les fondements de la Constitution.
Pour Delly Sesanga, la Constitution de 2006 tire sa légitimité de son caractère inclusif, étant issue d’un processus de négociation ayant associé les différentes parties prenantes de l’époque. À ses yeux, elle ne peut être modifiée à la seule initiative d’une majorité politique conjoncturelle.
L’opposant est également revenu sur les débats ayant entouré l’adoption de la Constitution de 2006. Il a soutenu que la limitation du nombre de mandats présidentiels avait été défendue par l’opposition non armée et la société civile, alors que plusieurs grandes formations politiques de l’époque y étaient opposées.
Selon lui, cette disposition demeure l’une des garanties essentielles de l’alternance démocratique et de la prévention des dérives autoritaires.
Au-delà des considérations institutionnelles, Delly Sesanga estime que le débat constitutionnel est lié à la question de la gouvernance publique et du contrôle de l’action des dirigeants. Il a notamment évoqué les dépenses consacrées au secteur de la sécurité ces dernières années, plaidant pour davantage de transparence et de redevabilité dans la gestion des finances publiques.
Pour le leader d’Envol, le débat actuel dépasse la seule question du nombre de mandats présidentiels et renvoie plus largement au respect de l’État de droit, au contrôle de l’action gouvernementale et à l’équilibre des institutions.
Alexis Ketinda








