La directrice du programme Crises et Conflits de Human Rights Watch (HRW), Ida Sawyer, a réagi aux violences survenues ce vendredi 12 juin à Kinshasa lors du sit-in organisé par l’opposition contre un éventuel projet de révision constitutionnelle.
Dans une série de publications sur les réseaux sociaux, elle affirme que plusieurs personnes ont été blessées lors des affrontements ayant opposé des manifestants aux forces de sécurité et à des partisans du pouvoir, communément appelés « Forces du Progrès ». Parmi les blessés cités figurent les leaders de l’opposition Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga.
Selon Ida Sawyer, Martin Fayulu et d’autres responsables de l’opposition se seraient retrouvés bloqués au siège du parti ECiDé alors qu’ils étaient blessés, tandis que le bâtiment aurait été pris pour cible par des membres des Forces du Progrès. Elle soutient également que les policiers présents sur les lieux ne seraient pas intervenus pour mettre fin aux violences.
Human Rights Watch estime que les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique doivent être pleinement garantis et qualifie les incidents de ce vendredi comme les violences les plus graves visant l’opposition politique depuis l’ouverture des débats sur une éventuelle révision de la Constitution.
L’organisation souligne qu’il est essentiel que l’avenir politique de la République démocratique du Congo puisse être débattu librement, sans recours à la violence ni à la répression. Elle appelle enfin les autorités congolaises à diligenter une enquête impartiale, approfondie et transparente afin d’établir les responsabilités dans les violences survenues à Kinshasa.

Ces déclarations interviennent alors que les versions sur le déroulement des événements et leur bilan humain divergent entre les autorités et plusieurs acteurs de l’opposition.
Ces développements ravivent également le souvenir de l’affaire de la journaliste d’Authentik.cd et activiste de la Dynamique Sociale pour le Développement et la Paix (DSDP), Divine Mwaluke Kandolo. Le 24 mars dernier, alors qu’elle couvrait au rond-point Ngaba une manifestation de jeunes de la coalition Lamuka contre un projet de changement de la Constitution, elle avait été victime d’une arrestation qualifiée de brutale par ses soutiens. Son interpellation et les conditions de sa détention avaient suscité de vives réactions de la part d’acteurs de la société civile et de défenseurs des droits humains.
E.Ndjungu








