ActualitéActualités RDC

« Nous n’y voyons ni la nécessité, ni l’urgence » : la CENCO rejette tout changement de la Constitution

« Nous n’y voyons ni la nécessité, ni l’urgence » : la CENCO rejette tout changement de la Constitution

La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a réaffirmé son opposition à tout changement de la Constitution du 18 février 2006, estimant qu’une telle initiative ne présente « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » dans le contexte actuel de la République démocratique du Congo.

Au terme d’un « profond discernement », les évêques catholiques ont fait connaître leur position par l’entremise de leur secrétaire général, Mgr Donatien Nshole. Ils considèrent que les défis auxquels le pays est confronté exigent avant tout des réponses en matière de paix, de sécurité, de cohésion nationale et de bien-être social.

Dans leur déclaration, les prélats ont également rappelé leur position exprimée en 2018 sur la limitation des mandats présidentiels. « Comme nous l’avions dit en 2018 et nous le réaffirmons : le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Il s’ensuit que tout président ayant épuisé le deuxième mandat ne peut plus en briguer un troisième », ont-ils souligné.

Selon la CENCO, un changement de la Loi fondamentale pourrait remettre en cause le pacte républicain sur lequel repose l’organisation de l’État. L’épiscopat met notamment en garde contre toute initiative susceptible d’affecter les dispositions protégées par l’article 220 de la Constitution, qu’il présente comme un rempart contre la dictature et la privatisation de l’État.

Les évêques estiment que toucher à ces principes ferait peser des risques majeurs sur la stabilité du pays, évoquant notamment la possibilité d’une fragmentation du territoire ou d’une résurgence des conflits internes.

En conséquence, la CENCO appelle les autorités et l’ensemble des acteurs politiques à privilégier les priorités nationales, notamment la paix, le bien-être social, l’unité et la cohésion nationale, plutôt qu’un processus de changement de la Constitution.

Alexis Ketinda

Partager;