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RDC : à Kananga, 17 prêtres prennent leurs distances avec la position de la CENCO sur la révision de la Constitution

RDC : à Kananga, 17 prêtres prennent leurs distances avec la position de la CENCO sur la révision de la Constitution

Kananga, 2 juillet 2026 – Un groupe de 17 prêtres de l’archidiocèse de Kananga, qui compte 152 prêtres au total, a publié un document intitulé « Kuanji Kutapa, Badi Ebeja » (« Mise au point »), dans lequel il apporte une lecture différente du message de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) du 19 juin 2026 relatif au débat sur la révision de la Constitution.  

Signé à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la RDC, le texte affirme que la déclaration de la CENCO « n’est ni un décret, ni un arrêté, encore moins une décision », mais un simple message qui ne saurait empêcher un éventuel changement de la Constitution, pour autant que celui-ci respecte les procédures prévues par la loi fondamentale.  

Les signataires rappellent notamment que l’article 218 de la Constitution prévoit les mécanismes d’initiative de la révision constitutionnelle et estiment que « le changement éventuel de la Constitution de 2006 » demeure possible « s’il suit tout moyen légal par lequel il peut être possible ».

Au-delà de cette précision juridique, les prêtres condamnent les tensions survenues à Kananga après la publication du message des évêques, notamment les insultes visant le clergé et les perturbations signalées dans certaines paroisses. Ils appellent les jeunes à la retenue, au respect des responsables ecclésiastiques ainsi qu’à la protection des biens de l’Église.

Le document invite également les Congolais à soutenir les actions du président de la République en faveur de l’unité nationale et de la cohésion du pays.

Cette prise de position intervient moins de deux semaines après la déclaration de la CENCO, qui s’était opposée à toute initiative de changement de la Constitution dans le contexte actuel, appelant le chef de l’État à respecter son serment de défendre la Constitution de 2006 et estimant que les priorités du pays demeurent la sécurité, la paix et les conditions de vie de la population.  

Bien que cette « mise au point » émane de prêtres de l’archidiocèse de Kananga, elle ne constitue pas une déclaration officielle de l’Église catholique en RDC. En effet, l’archidiocèse de Kananga compte 152 prêtres et le document est signé par 17 d’entre eux, sans qu’il soit présenté comme une position institutionnelle de l’ensemble du presbyterium ou de l’archevêque.  

Cette initiative illustre néanmoins l’existence d’un débat interne au sein d’une partie du clergé sur la lecture du message de la CENCO et sur la question de la révision constitutionnelle, au moment où ce sujet demeure l’un des principaux points de tension de la vie politique congolaise.

Alexis Ketinda

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