Kinshasa, 7 juillet 2026 – Le cadre de la coalition C64, Prince Epenge, a réaffirmé son opposition à toute initiative visant à modifier ou à remplacer la Constitution de la République démocratique du Congo, estimant que les motivations avancées par les partisans de cette réforme ne reposent sur aucun argument juridique ou institutionnel convaincant.
Au cours d’une intervention consacrée au débat sur la révision constitutionnelle, il a contesté les arguments développés par le député Christian Lumu et d’autres défenseurs de la réforme, soutenant que le bilan des institutions ne peut être imputé au texte fondamental.
« La Constitution sert à organiser la prise du pouvoir, son exercice et sa transmission, pas à satisfaire des ambitions personnelles », a-t-il déclaré, estimant contradictoire de qualifier de positif le bilan des institutions tout en affirmant que celui-ci aurait été obtenu sous une « mauvaise Constitution ».
Selon Prince Epenge, les promoteurs du changement constitutionnel évoquent régulièrement des « réalités nouvelles » sans toutefois préciser les dispositions de la Constitution actuelle qui empêcheraient leur prise en compte. Il a ainsi lancé le défi d’identifier « cinq articles » qui feraient obstacle à la fourniture de l’eau potable, de l’électricité, à l’octroi de bourses aux étudiants ou encore à la prise de décisions en matière de défense nationale.
Le responsable de la C64 a également évoqué l’article 220 de la Constitution, qu’il considère comme une garantie essentielle de la forme républicaine de l’État. À ses yeux, toute tentative de remise en cause de cette disposition constituerait une menace pour les principes fondamentaux de la République.
« Dans une République, nul ne peut exercer une portion du pouvoir sans passer par le peuple », a-t-il affirmé, estimant que la démarche actuelle pourrait ouvrir la voie à une remise en cause des fondements de l’État.
Prince Epenge a, par ailleurs, rappelé que la Constitution de 2006 est issue du processus de paix de Sun City et qu’elle a été adoptée par référendum en 2005. Il a présenté ce texte comme un compromis national destiné à mettre fin aux conflits politiques et militaires ayant marqué le pays.
Critiquant également l’Union sacrée de la Nation, il a souligné que plusieurs de ses composantes sont constituées d’anciens belligérants, jugeant incohérent de saluer aujourd’hui leur contribution à la gouvernance tout en rejetant une Constitution élaborée dans le cadre du processus de paix.
Enfin, Prince Epenge a estimé que le véritable objectif de la réforme constitutionnelle serait de permettre au président Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir, une accusation régulièrement formulée par l’opposition mais rejetée par les partisans d’une révision de la Constitution.
Pour le cadre de la C64, « la Constitution congolaise est opérationnelle et fonctionnelle. Le problème, c’est l’homme », appelant les Congolais à défendre le texte fondamental qu’il considère comme un acquis démocratique majeur.
Alexis Ketinda








