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Après Kinshasa, Ndayishimiye tend la main à l’opposition congolaise : vers une nouvelle tentative de dialogue ?

Kinshasa, 3 juillet 2026 – Une nouvelle initiative diplomatique s’invite dans un climat politique congolais déjà marqué par de fortes tensions autour du projet de révision de la Constitution. Quelques jours après sa visite officielle à Kinshasa, le président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a adressé des invitations à plusieurs figures de l’opposition congolaise en vue de consultations consacrées à la situation politique, sécuritaire et institutionnelle de la République démocratique du Congo.  

La démarche intervient alors que la Coalition Article 64 (C64), qui rassemble notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, préparait une manifestation le 8 juillet devant le Palais de la Nation pour exiger notamment l’abandon du projet de changement constitutionnel et la démission du président Félix Tshisekedi.

Une invitation acceptée

Dans un communiqué publié vendredi, la C64 annonce avoir décidé de répondre favorablement à cette invitation. La coalition explique vouloir saisir cette occasion pour exposer « avec clarté et fermeté » ses préoccupations concernant l’évolution de la situation politique ainsi que les risques qu’elle estime peser sur la démocratie et la stabilité du pays.  

Estimant que « toute voie sérieuse » susceptible de favoriser la préservation de l’ordre constitutionnel mérite d’être explorée, la plateforme a choisi de reporter sa manifestation au 22 juillet, tout en maintenant son appel à la mobilisation populaire.  

Dans la continuité du message lancé à Kinshasa

Lors de sa visite d’État en RDC fin juin, Évariste Ndayishimiye avait publiquement appelé les Congolais à privilégier l’unité nationale et le dialogue face aux défis sécuritaires, particulièrement dans l’est du pays. Devant la presse aux côtés de Félix Tshisekedi, il avait insisté sur la nécessité de préserver la stabilité des institutions tout en encourageant l’ouverture aux différentes sensibilités politiques.  

L’invitation adressée aux responsables de l’opposition apparaît ainsi comme le prolongement de ce message, même si les modalités, le lieu et le calendrier exact de ces consultations n’ont pas encore été rendus publics.

Un dialogue aux contours encore flous

À ce stade, aucun agenda détaillé n’a été communiqué par la présidence burundaise ou par l’Union africaine. Les objectifs précis de cette initiative restent donc à clarifier.

Cette démarche intervient alors que plusieurs initiatives de médiation coexistent autour de la crise congolaise. Outre les processus diplomatiques régionaux et internationaux, les Églises catholique (CENCO) et protestante (ECC) continuent de plaider pour un dialogue inclusif entre Congolais, tandis que les positions demeurent profondément divergentes entre le pouvoir et l’opposition sur le format et les conditions d’un éventuel dialogue national.  

Le report de la manifestation de la C64 offre ainsi une fenêtre politique supplémentaire à cette initiative portée par le président en exercice de l’Union africaine. Reste à savoir si ces consultations permettront d’amorcer un rapprochement entre les différentes parties ou si elles constitueront simplement une étape supplémentaire dans une crise politique toujours marquée par une profonde défiance.

Authentik.cd

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