À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a publié, ce 30 juin 2026, une lettre ouverte adressée au président Félix Tshisekedi. Dans ce document, il affirme ne pas écrire pour souhaiter une bonne fête nationale, estimant que « la Nation est en crise existentielle » et confrontée à des risques de balkanisation et d’annexion.
Le médecin congolais revient sur les débuts du mandat de Félix Tshisekedi en 2019, rappelant avoir choisi de lui accorder « une chance » dans l’intérêt supérieur de la Nation après les années du régime Kabila. Il soutient toutefois que les espoirs suscités à l’époque n’ont pas été concrétisés.
Dans sa lettre, Denis Mukwege critique notamment l’absence de mise en place d’un tribunal pénal spécial pour les crimes commis en RDC, malgré les promesses formulées selon lui par le chef de l’État. Il estime également que l’état de siège instauré dans l’Est du pays en 2021 n’a pas permis d’améliorer la situation sécuritaire et des droits humains.
Le Prix Nobel remet aussi en cause la stratégie diplomatique et sécuritaire du gouvernement, évoquant les différents processus régionaux et internationaux, notamment ceux de Nairobi, Luanda, Doha et Washington. Selon lui, la multiplication de ces initiatives n’a pas produit les résultats attendus en matière de pacification.
Denis Mukwege critique par ailleurs le retrait progressif de la MONUSCO ainsi que certaines coopérations régionales engagées par Kinshasa, estimant qu’elles ont fragilisé la réponse aux défis sécuritaires dans l’Est du pays.
Enfin, il appelle le président Félix Tshisekedi à engager des réformes profondes, notamment dans les secteurs de la justice, de la sécurité et de la gouvernance, qu’il considère comme essentielles pour préserver l’intégrité territoriale, la souveraineté nationale et restaurer la confiance des Congolais.
Glodie Moza








