Kinshasa, le 5 décembre 2024 – Université de Kinshasa – Dans le cadre d’une séance académique marquante, Didier Bonzeke Nshole, Chef des travaux à l’Université de Kinshasa, a soutenu avec succès sa thèse de doctorat sur un sujet qui interpelle profondément le système éducatif congolais : “Identification et ventilation des besoins en formation continue sur l’application pédagogique des punitions en classe par les enseignants de la province éducationnelle du Kongo Central.”
Un sujet d’actualité crucial pour l’éducation congolaise
Cette thèse aborde une problématique fondamentale dans le système éducatif de la République Démocratique du Congo : l’application des punitions en classe et la nécessité urgente d’adapter la formation des enseignants aux réalités juridiques et sociales contemporaines. Selon l’auteur, dans une société en constante évolution, les enseignants doivent réajuster leurs pratiques disciplinaires afin de préserver la relation pédagogique avec les élèves tout en respectant les normes modernes d’éducation.
“Nous ne pouvons plus rester dans une époque où l’enseignant peut appliquer des punitions sans une réflexion approfondie sur leurs conséquences et leurs méthodes. La profession enseignante doit s’adapter aux exigences sociales, administratives et juridiques du pays,” a affirmé Didier Bonzeke Nshole lors de la présentation de sa thèse.
L’impact des punitions sur la relation enseignant-élève
L’un des points les plus marquants de la thèse réside dans l’analyse des effets des punitions mal appliquées sur la relation entre l’enseignant et l’élève. Une gestion inappropriée de la discipline en classe, selon l’étude, peut entraîner des conséquences graves, non seulement pour le développement de l’élève, mais aussi pour la qualité de l’enseignement. Les punitions mal dosées ou mal perçues peuvent affecter l’estime de soi de l’élève, nuire à son développement émotionnel et créer des tensions inutiles dans la classe, ce qui diminue l’efficacité de l’enseignement.
Les deux fonctions essentielles de l’enseignant : structuration didactique et discipline
Au cours de son étude, Didier Bonzeke Nshole a également mis en lumière deux fonctions principales de l’enseignant : la première étant la structuration didactique, c’est-à-dire la transmission régulière et actualisée des connaissances, et la deuxième étant la gestion de la discipline, notamment par les punitions. L’étude révèle qu’alors que la structuration didactique fait l’objet de mises à jour régulières, la gestion des punitions reste largement insuffisamment formée, laissant les enseignants démunis face à des dilemmes quotidiens concernant la gestion de la discipline en classe.
Cette lacune, selon l’auteur, pourrait être corrigée par la mise en place d’une formation continue axée sur les méthodes pédagogiques modernes, mais aussi sur la compréhension des impacts psychologiques et sociaux des punitions sur les élèves.
Recommandations : un appel à l’action pour l’État congolais
Les recommandations de la thèse vont au-delà de l’analyse théorique du problème. Didier Bonzeke Nshole appelle l’État à prendre des mesures concrètes pour remédier à cette situation. Selon lui, le système éducatif doit prioriser la formation continue des enseignants sur l’application pédagogique des punitions, afin de prévenir les dérives et de renforcer la qualité de l’éducation.
“Il est essentiel que l’État s’investisse dans la formation continue des enseignants, en leur fournissant des outils pour gérer la discipline de manière respectueuse et constructive, car une punition mal ajustée peut détruire la relation entre l’enseignant et l’élève, avec des répercussions durables sur l’avenir de l’élève,” a conclu Didier Bonzeke Nshole.
Vers une réforme éducative
Cette thèse, saluée pour sa pertinence par les membres du jury, ouvre un débat crucial sur la réforme de l’éducation en République Démocratique du Congo. Elle souligne l’urgence de moderniser les pratiques pédagogiques en matière de discipline et de développer des programmes de formation continue pour les enseignants. Si ces recommandations sont mises en œuvre, elles pourraient marquer un tournant dans l’amélioration de la qualité de l’enseignement en RDC et dans l’épanouissement des élèves.
En somme, cette thèse incite à repenser la gestion de la discipline dans les écoles, en tenant compte des avancées pédagogiques et des nouveaux défis sociaux auxquels les enseignants sont confrontés dans leur quotidien.
Divine Mwaluke








