Kinshasa, le 25 novembre 2025.
La Ministre d’État, Ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a pris la parole ce mardi au Centre culturel et artistique pour l’Afrique centrale lors du panel ministériel inaugural de la 4ᵉ édition du African Digital Innovation Summit. Placé sous le thème « Les voies d’accélération de la transformation digitale souveraine de l’Afrique », ce rendez-vous continental a permis d’aborder les enjeux du numérique dans le développement des systèmes éducatifs et économiques africains.
L’EAD, une réforme née en temps de crise mais devenue pilier du système éducatif
Dans son intervention, la ministre d’État a rappelé le contexte de l’avènement de l’Enseignement à Distance (EAD) pendant la pandémie de COVID-19 en 2020-2021. Cette innovation, imposée par l’urgence sanitaire, est aujourd’hui l’un des piliers de la réforme éducative congolaise.
Le dispositif inclut notamment :
la digitalisation de l’enseignement, le programme « Apprendre à la maison » destiné aux enfants déplacés, malades ou vivant dans les zones de conflit, et la production de contenus éducatifs locaux adaptés aux réalités congolaises.
Selon Raïssa Malu, « la production nationale de capsules en mathématiques et en sciences permet d’ancrer les apprentissages dans le contexte local, plutôt que de dépendre de plateformes étrangères ».
Modernisation de l’école et des enseignants
La ministre a également mis en avant la formation continue des enseignants, indispensable pour assurer une transition numérique réussie.
Elle a évoqué la digitalisation de l’administration éducative, une transformation qui permet d’améliorer la gestion des écoles, la traçabilité des diplômes et la transparence dans le système éducatif.
À cet égard, la ministre a rappelé l’importance du e-Diplôme, une réforme majeure visant à sécuriser l’authenticité des certificats scolaires et universitaires en RDC.
STEM : encourager les vocations, surtout chez les filles
Raïssa Malu a insisté sur l’orientation des jeunes vers les filières STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), tout en soulignant que la participation des filles reste insuffisante.
Pour elle, le numérique doit devenir un levier d’égalité, un espace où les jeunes Congolais – garçons comme filles – peuvent développer des compétences pour compétir au niveau mondial.
Le numérique : une opportunité à encadrer
La ministre d’État a rappelé que le numérique ne doit pas être perçu comme une menace, mais comme une opportunité stratégique pour le pays.
Le gouvernement, a-t-elle affirmé, doit jouer son rôle de régulateur, tandis que les créateurs de contenus ont la responsabilité de promouvoir des productions locales de qualité capables d’enrichir le patrimoine culturel et éducatif de la RDC.
Un panel ministériel stratégique
Aux côtés de Raïssa Malu, deux autres membres du gouvernement ont participé activement à ce panel inaugural :
Augustin Kibassa Maliba, Ministre du Numérique, Julien Paluku Kahongya, Ministre du Commerce extérieur.
Le panel était animé par Dominique Migisha, Coordonnateur de l’Agence de Développement Numérique (ADN), qui a rappelé l’importance d’une synergie entre les secteurs de l’éducation, du numérique et de l’économie pour bâtir une Afrique digitalement souveraine.

Vers une souveraineté numérique africaine
Cette 4ᵉ édition du African Digital Innovation Summit ouvre un cycle de réflexions et d’engagements sur la souveraineté numérique, un objectif qui implique une production locale accrue de contenus, des infrastructures maîtrisées et une gouvernance technologique adaptée aux réalités africaines.
Pour Raïssa Malu, l’avenir de la RDC passe par une éducation modernisée, une jeunesse formée aux métiers d’avenir et un numérique régulé et valorisé au service du développement.








