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Les délégués de la CENCO et de l’ECC reçus par le Président Paul Kagame à Kigali

Les délégués de la CENCO et de l’ECC reçus par le Président Paul Kagame à Kigali

Kigali, Rwanda – Dans le cadre de leur mission diplomatique visant à explorer des solutions à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, une délégation conjointe de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC) a été reçue ce jeudi 13 février 2025 par le Président rwandais Paul Kagame.

Cette rencontre s’inscrit dans la première phase de leur initiative, qui vise à écouter tous les acteurs directement impliqués dans la crise militaire et à partager leur vision du “pacte pour la paix”. Avant leur déplacement à Kigali, les délégués religieux avaient déjà rencontré plusieurs leaders de la région des Grands Lacs, ainsi que des représentants du M23 et de l’AFC à Goma.

Une démarche controversée mais assumée

L’échange entre la délégation congolaise et le Président Kagame intervient dans un contexte de tensions accrues entre la RDC et le Rwanda, accusé de soutenir les rebelles du M23 qui sévissent dans l’Est du pays. Cette rencontre a suscité des réactions mitigées au sein de l’opinion publique congolaise, certains y voyant un acte de trahison, tandis que d’autres estiment qu’un dialogue est nécessaire pour espérer un retour à la paix.

Interrogé sur ces critiques, le porte-parole de l’ECC, le pasteur Éric Senga, a défendu la démarche en insistant sur la nécessité d’écouter toutes les parties prenantes :

“Nous ne pouvons pas vouloir la paix tout en refusant d’approcher ceux qui ont pris les armes. Il ne s’agit pas de légitimer leurs actions, mais de comprendre leurs motivations et de chercher des solutions durables.”

Prochaine étape : l’Europe

Après cette mission en Afrique, la délégation prévoit de se rendre en Europe, où elle rencontrera d’autres acteurs internationaux et organisations impliquées dans les discussions sur la situation en RDC. Les représentants des églises espèrent ainsi contribuer à une dynamique de dialogue pouvant aboutir à un apaisement des tensions et, à terme, à une issue pacifique à cette crise.

Toutefois, cette démarche continue de faire débat, certains observateurs rappelant que le conflit en cours implique des crimes de guerre et des violations graves des droits humains, ce qui complique toute tentative de médiation.

L’issue de cette initiative reste incertaine, mais elle témoigne de la volonté des leaders religieux de jouer un rôle actif dans la recherche de la paix dans la région des Grands Lacs.

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