Goma continue de sombrer dans le chaos alors que des témoignages accablants font état de pillages à grande échelle perpétrés par des militaires rwandais accompagnés de civils en provenance de Gisenyi. Selon le ministre d’État au Développement rural, Muhindo Nzangi, ces exactions se déroulent porte après porte dans les foyers de la ville, après une offensive sanglante qui aurait coûté la vie à plus de 7 000 personnes en seulement cinq jours de combats.
“Malgré le carnage, les assassinats ciblés se poursuivent”, alerte Muhindo Nzangi. Il dénonce notamment l’exécution en plein jour de l’artiste Katembo Viwasi, alias Idengo, abattu à 13 heures.
Le ministre s’insurge également contre le silence des représentants religieux venus à Goma, qui n’auraient ni visité les quartiers les plus touchés, comme Majengo et Kituku, ni dénoncé les exactions du M23. “Ils n’ont même pas condamné les crimes commis, et encore moins profité de leur escale à Kigali pour interpeller Paul Kagame sur son rôle dans ce drame”, déplore-t-il.
Enfin, Muhindo Nzangi met en lumière la situation de Corneille Nangaa, ancien président de la CENI et aujourd’hui à la tête de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23. Il affirme que ce dernier, bien que physiquement présent à Goma, réside à Gisenyi sous escorte de l’armée rwandaise et n’a aucun contrôle réel sur la situation. “C’est un prisonnier, une simple marionnette du Rwanda”, conclut le ministre, en réaffirmant sa détermination à documenter tous ces crimes pour que justice soit rendue un jour.








