Kinshasa, 06 juin 2025 – L’Université de Kinshasa a été le théâtre, ce vendredi, d’une soutenance de thèse particulièrement remarquée. Monsieur Prosper Piema Mingashanga, chercheur au Département des Relations Internationales de la Faculté des Sciences Sociales, Administratives et Politiques, a défendu avec brio son doctorat intitulé :
« La coopération décentralisée en RDC : regard sur l’appui et l’assistance technique de l’AFD dans la revalorisation du capital humain au sein de l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP) ».
En présence d’éminents professeurs, étudiants et invités, cette soutenance a mis en exergue une réflexion approfondie sur les alternatives viables au sous-développement chronique de la République Démocratique du Congo, en particulier dans le domaine de la gestion publique.
Un constat lucide sur l’État congolais et ses limites
Dans un contexte où l’État congolais peine à financer durablement ses institutions, le chercheur a fondé sa démonstration sur la théorie de l’État en faillite, appliquée aux difficultés rencontrées par des structures publiques comme l’INPP. Selon lui, malgré l’existence de nombreuses ressources naturelles et de partenariats internationaux, la RDC reste prisonnière d’un schéma centralisé inefficace.
La coopération décentralisée, une piste concrète et innovante
Pour rompre avec cette dépendance, Prosper Piema propose la coopération décentralisée comme stratégie de gouvernance innovante : permettre aux entités territoriales et entreprises publiques de nouer directement des partenariats techniques et financiers avec des structures étrangères, sans passer systématiquement par l’administration centrale.
Son étude de cas porte sur l’INPP, un établissement public qui, après avoir connu une crise structurelle faute de subventions nationales, a été relancé grâce à l’intervention de l’Agence Française de Développement (AFD). Ce partenariat a permis non seulement la modernisation de l’infrastructure de formation, mais également le renforcement du capital humain et l’actualisation des modules techniques à l’échelle nationale.
Un message fort aux gestionnaires publics
« Trop souvent, nos mandataires publics attendent tout de l’État central. Mon travail démontre que des alternatives existent. Si l’INPP a survécu, c’est parce qu’il a su se tourner vers une coopération internationale ciblée et structurée. Il est temps de changer de mentalité », a martelé Prosper Piema.
Il en a profité pour saluer le leadership du directeur général de l’INPP, M. Godefroy Timangan, qu’il qualifie de pionnier dans l’application concrète de cette approche.
Mention “La plus Grande distinction” décernée
À l’issue de la présentation, le jury universitaire a décerné à M. Piema la mention “La Plus Grande distinction”, soulignant la pertinence scientifique de son travail, son originalité méthodologique et la valeur pratique de ses recommandations pour les acteurs du développement en RDC.
Une thèse qui ouvre le champ de la réforme administrative
Dans un pays où les appels à la réforme structurelle de l’État se multiplient, cette thèse apporte une perspective neuve et documentée, qui pourrait inspirer non seulement les décideurs politiques mais aussi les praticiens du développement local.
Divine Mwaluke








