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L’affaire Tshiwewe : un complot présumé contre Tshisekedi l’UDPS dévoile

L’affaire Tshiwewe : un complot présumé contre Tshisekedi l’UDPS dévoile

L’affaire prend une tournure explosive. Depuis plusieurs jours, des rumeurs persistantes faisaient état de l’arrestation du général d’armée Christian Tshiwewe Songesha, ex-chef d’état-major des Forces armées de la RDC (FARDC) et conseiller militaire du président Tshisekedi. C’est finalement l’UDPS, parti au pouvoir, qui a confirmé ces informations lors d’une matinée politique organisée mardi à Kinshasa.

Augustin Kabuya, secrétaire général du parti présidentiel, n’a pas fait dans la demi-mesure : selon lui, l’ancien numéro un de l’armée serait impliqué dans un vaste complot visant l’« élimination physique » de Félix Tshisekedi. « Apparemment, les gens ne réalisent pas la gravité de cette situation. Comment peut-on, après réflexion, projeter de tuer un père de famille, le garant de la Nation ? », s’est indigné M. Kabuya devant des militants acquis à sa cause. Il a également dénoncé la récupération communautaire de cette affaire : « Lorsque le président Tshisekedi élevait ces généraux, le faisait-il au nom de leurs communautés ? »

Selon le patron de l’UDPS, le général Tshiwewe n’aurait d’ailleurs pas nié les faits lors de son interrogatoire. « Même une poule, avant de la tuer, on réfléchit. Mais lui, il dit qu’il va le faire… », a-t-il lancé, questionnant l’opinion sur le silence de ceux qui relativisent la situation.

Dans un climat déjà fragilisé par la guerre imposée par le Rwanda à travers l’AFC/M23 dans l’Est du pays, ces accusations jettent un nouveau trouble. Certaines voix s’élèvent pour dénoncer une prétendue chasse aux officiers swahiliphones sous l’ère Tshisekedi. Ce que réfutent les autorités militaires.

Le lieutenant-général Jules Banza Mwilambwe, actuel chef d’état-major général, a tenté de désamorcer la polémique. Il a rappelé que l’interpellation d’officiers ne signifiait pas automatiquement culpabilité et condamnation, promettant la relaxe pour ceux contre qui rien n’est retenu. « La justice militaire fera son travail en toute indépendance », a-t-il assuré.

Même son de cloche du côté du général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, qui a précisé que les arrestations récentes visaient des « manquements graves à la discipline militaire », sans aucun lien avec l’appartenance ethnique. « Ces officiers ont agi en âme et conscience contre la loi et la discipline », a-t-il martelé, réaffirmant l’engagement des FARDC pour la rigueur, l’intégrité et le respect strict des règles.

Dans un pays où les soupçons de complots, les allégeances communautaires et les fragilités sécuritaires s’entremêlent, cette affaire cristallise une fois de plus les inquiétudes sur la cohésion des forces armées et la stabilité des institutions.

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