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France : ouverture du procès de Roger Lumbala pour crimes contre l’humanité commis en RDC

France : ouverture du procès de Roger Lumbala pour crimes contre l’humanité commis en RDC

Paris, 12 novembre 2025 – L’ancien chef de guerre congolais et ex-ministre Roger Lumbala comparaît ce mercredi devant la cour d’assises de Paris pour crimes contre l’humanité et complicité de crimes de guerre. Il est accusé d’avoir participé, en 2002, à des exactions commises en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), à l’époque où il dirigeait le mouvement rebelle RCD-National.

Arrêté à Paris fin 2020, Roger Lumbala, 66 ans, est détenu depuis janvier 2021 à la prison de la Santé. Son procès s’ouvre dans le cadre de la compétence universelle, un principe juridique qui permet à la justice française de poursuivre les auteurs présumés de crimes graves — tels que les crimes contre l’humanité — commis en dehors du territoire français.

Selon les enquêtes menées par l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH) et relayées par Radio France Internationale (RFI), les faits reprochés concernent des assassinats, des viols, des pillages et des traitements inhumains infligés à des civils en Ituri entre 2002 et 2003, au plus fort du conflit interethnique et des luttes de contrôle des ressources dans l’Est congolais.

Ancien allié du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), Roger Lumbala avait ensuite occupé des fonctions politiques à Kinshasa après la réunification du pays. Son arrestation en France avait été saluée par plusieurs organisations de défense des droits humains, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), qui voient dans ce procès « une avancée majeure contre l’impunité des crimes commis en RDC ».

Le procès, qui devrait durer plusieurs semaines, représente un test pour la justice française dans l’application de la compétence universelle, déjà utilisée dans d’autres affaires concernant le Rwanda ou la Syrie.

Pour de nombreux observateurs, il s’agit également d’un moment de vérité pour les victimes congolaises, souvent oubliées dans les processus judiciaires internationaux.

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