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RDC : Human Rights Watch alerte sur le harcèlement et les détentions visant les journalistes et voix critiques

RDC : Human Rights Watch alerte sur le harcèlement et les détentions visant les journalistes et voix critiques

Dans un contexte marqué par les tensions autour du débat constitutionnel et la persistance de la guerre dans l’Est de la RDC, les journalistes, militants des droits humains et membres de l’opposition font face à une pression grandissante. C’est l’alerte lancée par l’organisation internationale de défense des droits humains Human Rights Watch dans un nouveau rapport dénonçant une multiplication des arrestations arbitraires, du harcèlement et des détentions visant les voix critiques du pouvoir.

Selon l’organisation, cette vague de répression intervient alors que le pays traverse une crise sécuritaire majeure liée à l’occupation d’une partie de l’Est du pays par le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, mais aussi dans un climat politique tendu autour d’un projet de réforme constitutionnelle. Une réforme qui, selon plusieurs observateurs et opposants, pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, dont le mandat actuel expire en décembre 2028.

« La répression des voix critiques intervient dans un contexte d’occupation de l’est du Congo par le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, et de tensions politiques liées à un projet de réforme constitutionnelle », souligne Human Rights Watch, rappelant que le chef de l’État avait encore évoqué cette question lors d’une conférence de presse nationale le 6 mai 2026.

Le directeur exécutif de Human Rights Watch, Philippe Bolopion, appelle les autorités congolaises à garantir les libertés fondamentales des citoyens. Il exhorte notamment le gouvernement à « mettre fin aux restrictions imposées aux droits à la liberté d’expression et de manifestation » afin de permettre à chaque Congolais « d’exprimer pacifiquement ses opinions sans subir de harcèlement, d’arrestation arbitraire ou de détention ».

L’organisation revient également sur la manifestation de l’opposition organisée le 24 mars dernier au rond-point Ngaba, à Kinshasa. D’après HRW, les forces de l’ordre avaient dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogènes et de violences alors que ceux-ci protestaient pacifiquement contre les modifications constitutionnelles envisagées.

Dans ce contexte, Authentik.cd continue de rappeler à l’opinion publique les sévices subis par sa journaliste Divine Mwaluke Kandolo. Arrêtée alors qu’elle couvrait cette manifestation de l’opposition au rond-point Ngaba, la journaliste avait été interpellée en plein exercice de son métier.

Également activiste des droits humains au sein de la DSDP, Divine Mwaluke Kandolo était restée introuvable pendant plusieurs jours après son arrestation, suscitant une vive inquiétude dans les milieux médiatiques et au sein des organisations de défense des droits humains. Son cas avait provoqué de nombreuses réactions dénonçant des atteintes à la liberté de la presse et à la protection des journalistes en RDC.

Dans son rapport, Human Rights Watch cite également plusieurs autres cas jugés préoccupants. L’organisation évoque notamment deux journalistes contraints de se cacher après le passage d’agents des services de renseignement à leurs domiciles, à la suite de leurs prises de position critiques vis-à-vis de la politique gouvernementale et du projet de réforme constitutionnelle.

HRW mentionne aussi l’arrestation, le 3 mars dernier, de Serge Sindani, journaliste et directeur du média Kis24.info. Selon l’organisation, celui-ci avait été arrêté par des agents des services de renseignement avant d’être interrogé sur de supposés liens avec le M23 et l’Alliance Fleuve Congo. Il aurait été détenu pendant dix jours sans inculpation.

L’organisation rappelle enfin qu’un précédent rapport avait documenté au moins 17 cas de disparitions forcées visant des personnalités politiques et des militants des droits humains. Plusieurs d’entre eux auraient été retrouvés des mois plus tard entre les mains du Conseil national de cyberdéfense (CNC), accusé, avec la Police nationale congolaise et la Garde républicaine, d’avoir procédé à des arrestations et détentions arbitraires.

Alexis Ketinda

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