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Sud-Kivu : émotion et inquiétude à Sange après la découverte d’une fosse commune

Sud-Kivu : émotion et inquiétude à Sange après la découverte d’une fosse commune

La découverte d’une fosse commune contenant plusieurs dizaines de corps à Sange, dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu, ravive les inquiétudes sécuritaires et humanitaires dans cette partie de l’Est de la République démocratique du Congo, quelques jours après le retrait de groupes armés de la zone.

Selon des sources issues de la société civile locale, au moins 47 corps auraient été enterrés dans une fosse commune située dans cette cité de la plaine de la Ruzizi. Les circonstances exactes de ces décès ne sont pas encore officiellement établies, mais cette révélation provoque une vive émotion parmi les habitants.

« Les corps auraient été enterrés il y a environ une semaine », a indiqué Kelvin Bwisha, acteur de la société civile à Sange, qui appelle les autorités à diligenter des enquêtes afin d’identifier les victimes et déterminer les responsabilités.

Cette découverte intervient dans un contexte déjà marqué par une forte insécurité dans les territoires d’Uvira, Fizi et Minembwe, où les affrontements armés des derniers mois ont entraîné des déplacements massifs de populations ainsi qu’une aggravation des besoins humanitaires.

Des écoles toujours menacées par des explosifs

Au-delà de la fosse commune, la présence signalée d’engins explosifs dans certaines écoles de Sange alimente également la peur au sein de la population. Des habitants redoutent particulièrement des accidents impliquant des enfants alors que plusieurs établissements commencent progressivement à reprendre leurs activités.

Des responsables communautaires demandent une intervention urgente des services spécialisés afin de sécuriser les écoles et les zones à risque avant une reprise normale des cours.

Reprise timide des activités

Malgré les tensions persistantes, un calme relatif est observé depuis quelques jours dans plusieurs quartiers de Sange. Quelques commerces ont rouvert et la circulation reprend progressivement sur certains axes.

Cependant, des habitants dénoncent déjà le retour de pratiques assimilées à des tracasseries. Selon la société civile, certains groupes armés locaux imposeraient à nouveau des paiements forcés aux voyageurs et commerçants sur différents tronçons routiers, malgré la suppression récente des barrières illégales sur la Route nationale numéro 5.

Face à cette situation, les organisations citoyennes plaident pour un renforcement rapide des dispositifs sécuritaires afin de protéger les civils et éviter une nouvelle détérioration des conditions de vie dans cette région meurtrie par les violences armées.

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