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Félix Tshisekedi confirme sa volonté de réviser la Constitution et met en garde ses opposants

Félix Tshisekedi confirme sa volonté de réviser la Constitution et met en garde ses opposants

Lubumbashi, 16 juin 2024 — Lors de son meeting à la Place de la Poste à Lubumbashi (Haut-Katanga), le Président Félix Tshisekedi a réaffirmé sa détermination à réviser ou modifier la Constitution de la République Démocratique du Congo, tout en rejetant fermement l’idée de briguer un troisième mandat. Cette déclaration intervient après des spéculations alimentées par des opposants et certains leaders religieux qui ont interprété ses propos de Kisangani comme une intention de prolonger son pouvoir au-delà des limites constitutionnelles.

Une volonté de réformer, pas de prolonger son mandat

Face à une foule nombreuse, le Chef de l’État a pris la parole avec assurance, dénonçant ce qu’il considère comme une « manipulation » de l’opinion publique par ses détracteurs. « Qui est celui-là qui va m’interdire moi, le garant de la Nation, de ne pas réviser la Constitution ? », a-t-il lancé, visiblement agacé par les rumeurs entourant sa position.

Le Président Tshisekedi a précisé que ses intentions de révision constitutionnelle n’avaient rien à voir avec une quête de pouvoir supplémentaire. Selon lui, les propos qu’il avait tenus à Kisangani avaient été mal compris et « n’avaient rien à voir avec un quelconque troisième mandat ». Il a critiqué les opposants politiques, les accusant de semer la confusion sur ses intentions réelles et d’exploiter la question du troisième mandat pour manipuler la population.

Une révision de la Constitution en concertation avec le peuple

Le président a également exprimé son souhait d’engager une démarche transparente et participative. Il a indiqué qu’une commission serait mise en place pour proposer des réformes constitutionnelles, lesquelles seraient d’abord présentées aux élus du peuple. Si nécessaire, le peuple congolais serait consulté directement, par référendum, afin de décider s’il préfère une révision partielle de la Constitution ou un changement plus radical de la Loi fondamentale.

Félix Tshisekedi a prévenu que toute tentative de manipulation de la population par des acteurs politiques ou religieux s’opposant à ce processus pourrait entraîner des poursuites judiciaires. Un message ferme à ses détracteurs, dont certains, selon lui, tentent d’instrumentaliser la question constitutionnelle à des fins politiques.

Un appel à la responsabilité des ministres religieux

Le Président n’a pas mâché ses mots concernant certains ministres religieux qui se seraient prononcés contre sa révision constitutionnelle. Selon lui, ces leaders spirituels devraient se concentrer sur la prière et le bien-être de leurs fidèles, plutôt que d’instrumentaliser des questions politiques complexes. Il a également déploré les « prises de position inquiétantes » de certains membres du clergé qui, à son avis, alimentent des débats inutiles et contre-productifs.

Rassurer sur ses intentions : pas de troisième mandat

Tout en affirmant son engagement pour le développement du pays, le Président Tshisekedi a pris soin de dissiper toute ambiguïté concernant un troisième mandat. Il a réaffirmé qu’il n’avait aucune intention de briguer un troisième mandat à la fin de son second quinquennat. « Je ne suis pas venu pour m’éterniser au pouvoir », a-t-il déclaré, soulignant que son objectif principal reste le bonheur des Congolais et le développement de la RDC.

Le Président a conclu en évoquant son désir de vivre en paix après son mandat, en étant un citoyen comme les autres, capable de circuler librement à travers le pays et de profiter de la compagnie de sa famille et de ses amis. « Un jour, je vais devenir ex-Président, et je veux vivre dans mon pays auprès des miens », a-t-il ajouté, un message de sérénité qui pourrait servir à calmer les tensions autour de la question de son pouvoir.

Une révision contestée, mais légitime selon le Chef de l’État

Le Président Tshisekedi entend donc avancer sur la révision de la Constitution, un projet qui reste largement controversé au sein de l’opposition, mais qui s’inscrit dans un cadre plus large de réformes structurelles qu’il souhaite initier pour le bien-être du pays. La gestion de la question constitutionnelle pourrait ainsi devenir un test majeur de sa capacité à convaincre la population et à faire accepter ses réformes.

Cette annonce à Lubumbashi marque un tournant dans le débat politique congolais, à l’aube de la fin de son premier mandat. La révision constitutionnelle reste un terrain sensible, et le Président devra s’assurer que son projet trouve un large soutien, tant au sein de la classe politique qu’auprès de la population.

TKN

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