ActualitéPolitiques

Révision de la Constitution : Delly Sesanga dénonce les menaces de Félix Tshisekedi et promet de résister

Révision de la Constitution : Delly Sesanga dénonce les menaces de Félix Tshisekedi et promet de résister

Le meeting du Président Félix Tshisekedi à Lubumbashi ce samedi 16 juin a suscité des réactions vives au sein de la classe politique congolaise, notamment du côté de l’opposition. Parmi les plus tranchées, celle de Delly Sesanga, président du parti ENVOL et leader de la plateforme “Sursaut national”, qui a vivement réagi aux propos du chef de l’État sur la révision de la Constitution. Selon lui, les déclarations du Président sont non seulement des menaces, mais aussi dénuées de fondement.

Delly Sesanga s’oppose fermement à la révision constitutionnelle

Dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, Delly Sesanga a qualifié de « menace » l’annonce du Président Tshisekedi, qui a réaffirmé sa volonté de réviser la Constitution pour adapter les institutions du pays. L’opposant a dénoncé ce qu’il appelle un discours contradictoire, entre « mensonges et menaces », sans arguments solides pour justifier une telle révision. Selon lui, ces propos ne font qu’exacerber les divisions politiques au sein du pays, et sont une tentative de manipulation politique.

« Qui vous a dit que vous avez la charge de limiter l’étendue du débat sur le projet funeste de changer la Constitution en menaçant des poursuites pour celles et ceux qui s’opposent à ce projet ? », a lancé Delly Sesanga, soulignant qu’une telle révision visait avant tout un intérêt personnel et non le bien-être du peuple congolais.

Le président d’ENVOL a ensuite promis que l’opposition ne restera pas passive face à ce qu’il considère comme une dérive autoritaire. « Les menaces, les mensonges ne feront nullement reculer le peuple congolais », a-t-il insisté, soulignant que la lutte pour une République démocratique et un État « au service de l’intérêt général » continuerait.

Félix Tshisekedi : Une révision constitutionnelle au cœur de son discours

Lors du meeting de Lubumbashi, le président Tshisekedi a effectivement réaffirmé sa volonté de mener une révision de la Constitution, tout en précisant que cette initiative ne visait en aucun cas à lui permettre de rester au pouvoir au-delà de son second mandat. Dans une déclaration ferme, il a rejeté l’idée de toute manipulation autour de ses intentions, notamment en ce qui concerne l’argument du « troisième mandat », qu’il a jugé comme étant une interprétation erronée de ses propos à Kisangani.

Le Président congolais a insisté sur le fait que l’objectif de cette révision était de renforcer les institutions et d’adapter la Constitution aux réalités actuelles du pays. « Je ne veux pas m’éterniser au pouvoir », a répété Félix Tshisekedi, tout en soulignant que la révision constitutionnelle serait menée dans le cadre d’un processus transparent et consultatif, avec une consultation populaire si nécessaire.

Une confrontation idéologique en vue

Les échanges entre le pouvoir et l’opposition risquent de se durcir au fur et à mesure que la question de la révision constitutionnelle s’intensifie. Delly Sesanga, ainsi que d’autres leaders de l’opposition, perçoivent cette révision comme une tentative de maintenir le pouvoir au-delà des limites fixées par la Constitution. Selon eux, un tel changement risquerait de mettre en péril les acquis démocratiques et l’équilibre institutionnel du pays.

D’un autre côté, le gouvernement insiste sur le fait que cette révision ne vise pas à bouleverser les principes démocratiques, mais plutôt à améliorer l’efficacité des institutions pour mieux répondre aux défis actuels du pays. Cependant, le débat autour de la révision constitutionnelle risque de diviser davantage la classe politique congolaise, alors que le pays se prépare à un avenir politique incertain.

Un contexte de tensions croissantes

Cette révision constitutionnelle intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes, notamment après la victoire du Front Commun pour le Congo (FCC) aux dernières élections, et des accusations d’influence étrangère dans les affaires internes du pays. Les opposants politiques craignent que tout changement de la Constitution ne serve qu’à renforcer le contrôle de l’exécutif et à réduire davantage l’espace politique pour les opposants.

En attendant, les discussions sur la révision de la Constitution devraient se poursuivre sur fond de manipulations politiques, de débats houleux, et de consultations publiques. Les prochaines étapes dépendront largement des réponses à apporter aux critiques de l’opposition, mais aussi de la volonté du gouvernement de faire passer son projet malgré l’opposition politique.

Une bataille constitutionnelle en perspective

Alors que Félix Tshisekedi semble déterminé à mener cette révision constitutionnelle, les opposants comme Delly Sesanga ne comptent pas se laisser faire. L’enjeu de cette révision dépasse largement la question de la durée des mandats : il s’agit de redéfinir les équilibres de pouvoir dans un pays en pleine évolution politique. La bataille autour de cette révision, qui divise déjà les Congolais, promet de façonner les grandes lignes de la politique nationale dans les années à venir.

Partager;