Kinshasa, 24 mars 2025 – De nouvelles déclarations explosives du général Muhoozi Kainerugaba, chef des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) et fils du président Yoweri Museveni, ont ravivé les tensions en République démocratique du Congo (RDC).
Dans une série d’annonces faites ce dimanche, le général Kainerugaba a affirmé que l’UPDF ne s’opposera pas à une avancée du M23 vers Kisangani et a même laissé entendre que son armée pourrait prendre elle-même la ville stratégique.
« L’UPDF ne s’opposera pas à la prise de Kisangani par le M23. Mais il leur faudra agir vite, sinon nous le ferons nous-mêmes. »
Une déclaration qui suscite de vives inquiétudes à Kinshasa, où l’armée congolaise (FARDC) combat déjà la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux.
Une menace explicite sur Kisangani
Le général Kainerugaba a clairement indiqué que la situation pourrait évoluer rapidement :
« Dans une semaine, le M23 ou l’UPDF seront à Kisangani. Sur ordre de Yoweri Museveni, commandant en chef de l’UPDF ! »
Cette déclaration suggère une implication directe de l’Ouganda dans la situation sécuritaire en RDC, un sujet qui préoccupe d’autant plus que les relations entre Kinshasa et Kampala sont déjà fragiles malgré la coopération militaire en cours dans le cadre des opérations contre les ADF en Ituri.
Un climat tendu en Ituri
En plus de Kisangani, le général Kainerugaba a évoqué la situation sécuritaire en Ituri, où l’UPDF opère officiellement aux côtés des FARDC contre les groupes armés.
« Il y a un gouverneur de l’Ituri vraiment stupide qui combat les opérations de l’UPDF en Ituri depuis le premier jour. Nous allons l’arrêter très bientôt. »
Une menace directe contre un haut responsable congolais, qui marque une escalade dans le ton adopté par le haut commandement militaire ougandais.
Il a également donné carte blanche à ses troupes en Ituri, affirmant :
« Quant aux régions de Fataki et de Djugu en Ituri, tous les membres de l’UPDF sont autorisés à tirer et à poser des questions par la suite. Nous voulons éliminer la menace que représente la CODECO pour nos communautés. »
Réactions attendues de Kinshasa et de la communauté internationale
Ces déclarations du général Muhoozi, connu pour ses prises de position provocatrices, risquent d’aggraver les tensions entre la RDC et l’Ouganda, mais aussi de fragiliser les efforts diplomatiques régionaux visant à ramener la paix à l’Est du pays.
Jusqu’à présent, Kinshasa n’a pas encore officiellement réagi, mais une réponse forte est attendue face à ces menaces qui remettent en cause la souveraineté territoriale de la RDC.
La communauté internationale, notamment l’ONU et l’Union africaine, sera également scrutée sur sa capacité à freiner toute nouvelle escalade militaire dans une région déjà marquée par des décennies de conflits








