Kinshasa, 25 mars 2025 – Après plusieurs tentatives de réconciliation entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, l’Angola a officiellement annoncé la fin de sa mission de médiation, ce lundi. Une décision qui marque un revers pour les efforts diplomatiques visant à stabiliser l’Est de la RDC, théâtre d’un conflit persistant.
Une médiation sans succès
Dans un communiqué officiel, la Présidence angolaise a expliqué que malgré ses nombreux efforts, aucun accord concret n’a pu être trouvé entre Kinshasa et Kigali.
João Lourenço, Président de l’Angola et actuel Président en exercice de l’Union africaine (UA), affirme que les engagements pris de part et d’autre n’ont pas été respectés.
« Nous avons tout mis en œuvre pour parvenir à une solution, mais les conditions pour un dialogue sincère n’étaient pas réunies », a regretté Luanda.
L’Angola rappelle notamment les engagements pris par les deux pays lors de réunions ministérielles et sécuritaires, où Kinshasa avait accepté de neutraliser les éléments des FDLR et Kigali de retirer ses troupes du territoire congolais. Cependant, ces engagements n’ont pas été suivis d’actions concrètes, rendant impossible la tenue du sommet prévu à Luanda le 15 décembre 2024, auquel le Rwanda avait brillé par son absence.
Échec des négociations entre Kinshasa et le M23
Outre la médiation entre Kinshasa et Kigali, l’Angola avait également œuvré pour des négociations directes entre le gouvernement congolais et la rébellion du M23, afin d’obtenir un cessez-le-feu durable.
Le 18 mars 2025, une première rencontre devait avoir lieu à Luanda, mais celle-ci a été annulée au dernier moment en raison de facteurs externes et de pressions diverses, selon l’Angola, qui ne précise pas la nature de ces influences.
João Lourenço se recentre sur l’Union Africaine
Avec la fin de cette médiation, João Lourenço annonce qu’il se consacrera pleinement à son mandat à la tête de l’Union Africaine, souhaitant laisser place à d’autres initiatives régionales ou internationales qui pourraient relancer le processus de paix dans la région des Grands Lacs.
« Nous restons engagés pour la paix en Afrique, mais il appartient désormais à d’autres acteurs de prendre le relais dans ce dossier complexe », souligne le communiqué angolais.
Quel avenir pour la médiation RDC-Rwanda ?
Avec le désengagement de l’Angola, la question se pose désormais sur qui prendra le relais dans ce processus de paix. L’Afrique de l’Est, via la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC), ou encore des acteurs internationaux comme l’ONU et les États-Unis, pourraient intensifier leurs efforts diplomatiques pour éviter une détérioration du conflit.
En attendant, la situation sécuritaire à l’Est de la RDC reste préoccupante, et l’absence d’un canal de médiation risque de rendre encore plus difficile la recherche d’une solution durable au conflit opposant Kinshasa, Kigali et les groupes armés actifs dans la région.







