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Tensions à l’INA : Les étudiants exigent la restitution du théâtre et des logements des professeurs

Tensions à l’INA : Les étudiants exigent la restitution du théâtre et des logements des professeurs

Kinshasa – La tension est montée d’un cran ce lundi 8 avril à l’Institut National des Arts (INA), à Kinshasa. Plusieurs dizaines d’étudiants sont descendus dans la cour de l’établissement pour dénoncer l’accaparement présumé de la salle des spectacles de 800 places et du guest house destiné aux professeurs visiteurs. En ligne de mire : Balufu Bakupa-Kanyinda, gestionnaire du Centre culturel et des arts de l’Afrique Centrale (CCAAC), qu’ils accusent de refuser de remettre les clés de ces infrastructures, pourtant rattachées à l’INA.

Un théâtre flambant neuf, mais inaccessible

Inauguré il y a à peine quatre mois, le nouveau complexe culturel érigé au sein de l’INA avait suscité espoir et fierté dans le monde artistique congolais. Composé d’un théâtre de 800 places, de studios modernes et de logements pour enseignants invités, il devait marquer un tournant dans la formation artistique en RDC. Mais depuis, selon les étudiants, le théâtre reste verrouillé, et les logements réquisitionnés par le gestionnaire du CCAAC.

Ultimatum étudiant

Devant les grilles closes de la salle, les manifestants ont lancé un ultimatum aux autorités académiques et au ministère de la Culture : soit les clés sont remises à la direction de l’INA dans les prochains jours, soit d’autres actions seront entreprises.

Nous n’accepterons pas qu’on inaugure un complexe au nom de l’INA, avec des financements publics, pour qu’il soit ensuite confisqué par une seule personne !”, a dénoncé un étudiant au micro de notre rédaction.

Silence des autorités, Balufu interpellé

Jusqu’ici, le ministère de la Culture n’a pas encore officiellement réagi à cette situation, tout comme Balufu Bakupa-Kanyinda, dont le nom est cité dans plusieurs banderoles et slogans scandés sur place. Les étudiants demandent une clarification urgente : qui gère réellement ce complexe ? Et au profit de qui ?

Un conflit qui soulève des questions de gouvernance

Ce bras de fer met en lumière des tensions plus larges autour de la gestion des infrastructures publiques culturelles en RDC. Il relance également le débat sur la transparence et la redevabilité dans l’utilisation des biens publics, surtout lorsqu’il s’agit d’un espace destiné à l’enseignement et à la promotion des arts.

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