Kinshasa, 23 avril 2025 – La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo poursuit ses audiences publiques dans l’affaire dite du “scandale de Bukanga-Lonzo”, malgré les contestations portées par l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo et ses avocats.
Mis en cause pour détournement présumé de plus de 285 millions de dollars destinés au projet agro-industriel de Bukanga-Lonzo, Matata Ponyo est jugé aux côtés de Déogratias Mutombo, ancien gouverneur de la Banque centrale, et de Grobler Christo Stephanus, homme d’affaires sud-africain.
L’ancien Premier ministre clame son innocence et qualifie le procès de “politique”. Dans une vidéo récemment diffusée sur les réseaux sociaux, Matata Ponyo affirme que les poursuites engagées contre lui seraient liées à son refus d’adhérer à l’Union sacrée de la Nation, la coalition politique soutenant l’actuel président Félix Tshisekedi. Il accuse également le pouvoir d’avoir orchestré cette affaire pour entraver sa carrière politique, notamment la création de son parti, le Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD), et sa candidature avortée à la présidentielle de 2023.
S’appuyant sur son statut de député national, Matata Ponyo revendique le bénéfice de ses immunités parlementaires. Dans une correspondance officielle, il a rappelé à la Cour constitutionnelle l’obligation de passer par l’Assemblée nationale pour toute levée d’immunité.
Le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a d’ailleurs confirmé que la Cour devra respecter les procédures légales :
« L’Assemblée nationale sera saisie en bonne et due forme et se prononcera sur la demande de levée d’immunité », a-t-il précisé lors d’une conférence de presse récente.
Pour l’instant, la Cour constitutionnelle avance dans le dossier, estimant que la tentative d’interrompre le procès n’a pas d’effet suspensif sur ses travaux en cours. Selon des sources proches du dossier, elle se tient prête à organiser une audience spécifique si une demande formelle de levée d’immunité lui est transmise.
Ce procès, emblématique du climat judiciaire actuel en RDC, est scruté de près par l’opinion publique. Il pose une nouvelle fois la question de l’équilibre entre lutte contre la corruption et instrumentalisation politique de la justice.








