Kinshasa, lundi 9 juin 2025 — La pression judiciaire s’accentue autour du ministre de la Justice, Constant Mutamba. Le procureur général près la Cour de cassation a officiellement sollicité, ce lundi, l’autorisation d’engager des poursuites contre le membre du gouvernement, dans une affaire présumée de détournement de fonds publics.
Cette demande intervient après l’obtention préalable de l’autorisation d’instruction, conformément à la procédure prévue par la Constitution et le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. À ce stade, le ministre a déjà été entendu à au moins deux reprises par les services compétents.
Une procédure qui entre dans une phase décisive
Si cette nouvelle étape est franchie, le ministre de la Justice pourrait faire face à des poursuites judiciaires formelles, un fait rare à ce niveau de responsabilité. Selon des sources proches du dossier, l’affaire porterait sur plusieurs dizaines de millions de dollars américains, dans le cadre d’un projet d’infrastructure carcérale à Kisangani.
Le bureau de l’Assemblée nationale devra désormais statuer sur cette demande, et décider s’il y a lieu d’autoriser la levée des immunités parlementaires dont bénéficie le ministre, en sa qualité de membre du gouvernement.
Enjeux politiques et symboliques
L’affaire suscite un vif intérêt dans l’opinion publique et au sein de la classe politique, d’autant plus que Constant Mutamba occupe un ministère clé et s’est récemment illustré par des prises de position controversées sur des sujets sensibles, notamment la réforme de la justice et les poursuites visant d’autres personnalités politiques.
Si les poursuites sont autorisées, ce dossier pourrait devenir un test majeur pour l’indépendance de la justice congolaise, souvent critiquée pour sa lenteur et ses interférences politiques.








