Kinshasa, RDC – Les récentes images d’affrontements violents entre jeunes délinquants, communément appelés Kulunas, en plein jour au cœur de la Gombe, ont suscité un vif émoi. Pour Serge Etinkum Anza, ancien candidat gouverneur de la capitale, cet épisode illustre l’urgence d’une réponse ferme et coordonnée face au défi sécuritaire qui mine la ville.
La scène, filmée à proximité du Grand Hôtel sur l’avenue Batetela, s’est déroulée sous les yeux des passants, sans intervention policière. « Ce n’est plus seulement préoccupant, c’est devenu alarmant », alerte M. Etinkum Anza, qui plaide pour l’implication de toutes les forces vives du pays afin d’apporter des solutions concrètes.
Un paradoxe inquiétant
Si Kinshasa demeure une ville d’opportunités et de dynamisme, elle est aussi devenue un espace où l’insécurité quotidienne fragilise la confiance entre citoyens et institutions. Vols à la tire, braquages, agressions nocturnes et violences urbaines orchestrées par les Kulunas font désormais partie du quotidien.
« Les Kulunas sont nos enfants »
Loin de diaboliser ces jeunes, Serge Etinkum Anza rappelle qu’ils sont issus des mêmes quartiers que les victimes. Il estime qu’un encadrement structuré, à l’image de celui offert par le Service National, peut transformer leur trajectoire de vie. Mais faute d’emploi et de perspectives, beaucoup se tournent vers la criminalité.
Des réformes engagées, mais des résultats attendus
Le ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani Lukoo Bihango, a lancé la loi de programmation 2025-2029 pour réformer la Police nationale congolaise (PNC), avec un budget de 2,3 milliards USD sur cinq ans. Le plan prévoit notamment le recrutement et la formation de 90 000 policiers, l’acquisition d’équipements modernes et la mise à la retraite de 10 000 agents.
Trois axes prioritaires selon Etinkum Anza
Réformer et professionnaliser la police urbaine : police de proximité, formation continue, numéro d’urgence opérationnel. Renforcer la participation citoyenne : comités locaux de vigilance, campagnes de sensibilisation, collaboration avec les autorités. Mettre en place un plan urbain de sécurité : caméras de surveillance, éclairage public, programmes contre le chômage des jeunes.
Un enjeu politique et social
Pour l’ancien candidat gouverneur, la sécurité ne relève pas uniquement de la police, mais aussi d’une vision politique et sociale. « La peur ne doit pas devenir la norme », insiste-t-il, en citant l’exemple de pays ayant réussi à réduire la criminalité grâce à des investissements ciblés et à l’implication citoyenne.








