Kinshasa, 15 août 2025 – L’Université de Kinshasa a abrité ce vendredi, à la Bibliothèque numérique de la Faculté de Médecine, la soutenance publique de la thèse de doctorat en Lettres et Civilisations Africaines du Chef de Travaux Baudouin Matalatala Kamay, du Département des Lettres et Civilisations Africaines. À l’issue des travaux, le candidat a été proclamé Docteur avec la mention “Grande Distinction”.
Intitulée « La socio-sémantique motivationnelle de Mukhetu (Femme), une lecture traditionnelle de la problématique du genre chez les Aphende », la recherche du Dr Matalatala s’est penchée sur la place de la femme dans les sociétés africaines, à travers une approche novatrice : la socio-sémantique motivationnelle.
Une nouvelle grille de lecture du genre
Dans son exposé, le chercheur a rappelé que « le monde se construit sur le genou de la femme », insistant sur le rôle central de cette dernière dans la société. Selon lui, la femme, souvent marginalisée et considérée comme une personne de second plan, constitue pourtant le socle de la vie sociale et culturelle.
Par le biais de sa théorie, il propose de réinterroger les signes linguistiques en cherchant leur motivation sociale et anthropologique. Ainsi, la désignation même de la femme – mukhetu – est investie d’un sens qui dépasse la simple convention linguistique.
Revenir aux valeurs authentiques africaines
Le nouveau docteur a plaidé pour un retour aux « valeurs authentiques » africaines afin de renforcer l’identité culturelle et d’apporter une contribution originale au monde. « Nous devons retrouver notre âme, car la colonisation a certes apporté des éléments positifs, mais elle a aussi effacé beaucoup de nos repères. Nos statuettes, considérées autrefois comme fétiches, dorment aujourd’hui dans les musées occidentaux. Pourquoi ne pas créer et faire vivre notre propre culture ? », a-t-il lancé.
Une soutenance sous haute rigueur académique
Le jury, composé notamment des professeurs Kiyulu Nyanga Nzo (président), Malasi Ngandu (secrétaire), Tshimanga Kutangidiku (promoteur), Kipambala Mvudi (co-promoteur) et Kasiama Mbwangi (membre), a salué la rigueur scientifique du travail ainsi que l’originalité de l’approche théorique.
En raison des mesures sanitaires en vigueur, la participation à la soutenance a été limitée à un nombre restreint d’invités, dans le strict respect des gestes barrières.
Une contribution à la pensée africaniste
Par cette recherche, l’Université de Kinshasa enrichit encore son apport aux études africanistes et aux débats contemporains sur le genre. Le Dr Baudouin Matalatala entend désormais poursuivre ses travaux pour approfondir la place de la femme dans la construction des sociétés africaines et proposer des clés de compréhension utiles tant pour la recherche académique que pour les politiques publiques.
Divine Mwaluke








