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RDC : « Félix Tshisekedi veut changer la Constitution pour un troisième mandat », accuse Néhémie Mwilanya

RDC : « Félix Tshisekedi veut changer la Constitution pour un troisième mandat », accuse Néhémie Mwilanya

L’intervention de Néhémie Mwilanya sur les antennes de la Deutsche Welle révèle une montée en puissance de la contre-offensive politique du camp de Joseph Kabila face aux récentes déclarations du président Félix Tshisekedi sur une éventuelle réforme constitutionnelle et le contexte sécuritaire dans l’Est du pays.

À travers cette sortie médiatique depuis Bonn, en Allemagne, l’ancien directeur de cabinet de Joseph Kabila tente visiblement de repositionner le FCC dans le débat politique national, tout en renvoyant le pouvoir actuel à ses propres contradictions.

Le débat sur la Constitution relancé

Pour Néhémie Mwilanya, les déclarations de Félix Tshisekedi sur la possibilité de modifier la Constitution ne sont pas nouvelles. Il rappelle que le chef de l’État avait déjà évoqué cette question peu après sa réélection en 2024.

Le proche de Joseph Kabila cherche ainsi à installer l’idée selon laquelle le débat sur la réforme constitutionnelle serait principalement porté par le pouvoir actuel et non par l’ancien régime, longtemps accusé d’avoir voulu se maintenir au pouvoir au-delà des délais constitutionnels.

Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement sensible, où plusieurs acteurs politiques et membres de la société civile redoutent qu’un changement constitutionnel puisse ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel.

Le camp Kabila tente de réécrire le récit du “glissement”

L’un des points les plus marquants de cette interview reste le rejet catégorique par Mwilanya de toute volonté de “glissement” sous Joseph Kabila.

Pendant plusieurs années pourtant, le débat sur le maintien au pouvoir de l’ancien président avait dominé la scène politique congolaise, notamment entre 2015 et 2018. En niant toute intention de report électoral ou de prolongation du mandat présidentiel, le camp Kabila semble aujourd’hui chercher à réhabiliter son image politique face à une opinion longtemps marquée par cette crise.

Cette stratégie traduit aussi une volonté de retourner contre Félix Tshisekedi les critiques autrefois adressées à l’ancien régime.

La sécurité à l’Est au cœur des tensions politiques

Autre élément important : le lien établi par Félix Tshisekedi entre les élections de 2028 et la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

En réponse, Mwilanya refuse toute comparaison avec le contexte ukrainien évoqué par le chef de l’État. Sans le dire explicitement, il suggère que l’insécurité pourrait être utilisée comme argument politique pour justifier d’éventuels reports électoraux.

Cette lecture rejoint désormais celle de plusieurs figures de l’opposition qui accusent le pouvoir d’entretenir un flou sur les échéances électorales futures.

Le FCC dénonce un rétrécissement de l’espace politique

Enfin, Néhémie Mwilanya a dénoncé ce qu’il qualifie de “restriction incroyable de l’espace politique”, évoquant les arrestations de certains cadres du PPRD ainsi que la suspension de certaines formations politiques.

À travers cette dénonciation, le camp Kabila tente de se repositionner comme victime de pressions politiques, dans un contexte où les relations entre le pouvoir et l’opposition restent particulièrement tendues.

Cette sortie médiatique montre surtout que le débat autour de la Constitution, du troisième mandat et des élections de 2028 est désormais pleinement lancé en RDC, avec une polarisation croissante entre le pouvoir, l’opposition et les anciens alliés devenus adversaires politiques.

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