Kinshasa – Le président de l’ECiDé, Martin Fayulu, a réitéré son appel à l’organisation d’un dialogue national inclusif destiné, selon lui, à traiter les causes profondes de la crise congolaise. Intervenant lors d’un Space X animé par le journaliste Stanis Bujakera, l’opposant a estimé que la République démocratique du Congo devait privilégier un « processus de Kinshasa » plutôt que les initiatives de médiation actuellement en cours.
Pour Martin Fayulu, les crises politiques et sécuritaires ne peuvent être résolues que par le dialogue. Il considère que l’adoption de la loi référendaire constitue une nouvelle source de tensions, qu’il attribue au président Félix Tshisekedi.
« Là où les humains sont, quand il y a une crise, il n’y a pas d’autre moyen de résoudre cette crise : les gens doivent se parler », a-t-il déclaré, estimant que le dialogue demeure nécessaire indépendamment de l’avenir de la réforme constitutionnelle.
Selon lui, les discussions devraient permettre d’examiner les causes « profondes, structurelles, internes et externes » des difficultés auxquelles le pays est confronté, notamment la persistance des conflits armés dans l’est de la RDC.
Un « processus de Kinshasa » en alternative aux médiations en cours
L’opposant propose de mettre fin aux différents cadres de négociations extérieurs, notamment le processus de Doha, au profit d’un dialogue conduit par les Congolais eux-mêmes.
« Les enfants du Congo se mettent autour d’une table (…) et discutent des causes profondes de la crise de leur pays afin de trouver des solutions », a-t-il expliqué, précisant que cette rencontre pourrait se tenir à Kinshasa ou dans une autre capitale de la région, tout en conservant l’appellation de « processus de Kinshasa ».
Martin Fayulu a par ailleurs affirmé que des discussions existaient entre le gouvernement congolais et les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23 dans le cadre des pourparlers de Doha. Il estime que les compromis issus de ces échanges ne devraient pas être imposés à l’opposition et à la société civile.
Un dialogue sans exclusion
Interrogé sur les participants à ce dialogue, Martin Fayulu a indiqué qu’il n’excluait aucun acteur, y compris l’ancien président Joseph Kabila, l’AFC ou le M23.
« Il faut que tout le monde soit là. Y compris Kabila », a-t-il déclaré, tout en rappelant que le M23 demeure, selon lui, un mouvement ayant pris les armes et non une formation politique d’opposition.
L’opposant a soutenu que la participation de tous les protagonistes permettrait d’éviter que les groupes armés utilisent leur absence comme argument pour poursuivre leurs activités ou renforcer les risques de fragmentation du territoire national.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par la poursuite des initiatives diplomatiques visant à mettre un terme au conflit dans l’est de la RDC, alors que le débat sur l’opportunité d’un dialogue politique national continue d’alimenter les échanges au sein de la classe politique congolaise.
Alexis Ketinda








