27 mars 2025- Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, la cheffe de la MONUSCO, Bintou Keita, a lancé un signal d’alarme sur l’aggravation de la crise sécuritaire dans l’est de la RDC. Elle a dénoncé l’expansion territoriale continue du mouvement AFC/M23, soutenu par le Rwanda, au-delà du Nord-Kivu.
La situation sécuritaire en République démocratique du Congo continue de se détériorer. Ce jeudi, lors d’une session du Conseil de sécurité de l’ONU, Bintou Keita, représentante spéciale du secrétaire général et cheffe de la MONUSCO, a dressé un tableau inquiétant de l’évolution du conflit à l’Est.
Selon elle, les forces de l’AFC/M23, avec l’appui direct des forces rwandaises, poursuivent leur avancée militaire après avoir consolidé leur emprise sur plusieurs territoires du Nord et du Sud-Kivu. Elles menacent désormais de s’étendre dans les provinces voisines de la Tshopo et du Maniema, une escalade qui pourrait faire basculer une partie encore plus large du pays dans l’instabilité.
« Ces derniers mois, la province du Nord-Kivu a enregistré le plus grand nombre de violations et d’atteintes aux droits de l’homme. Ces cas de graves abus contre les civils incluent des exécutions sommaires de plus d’une centaine de personnes, des enlèvements et des recrutements forcés de jeunes, y compris des enfants, ainsi que des cas de circonscription et de travail forcé », a-t-elle déclaré devant les membres du Conseil.
Bintou Keita a appelé à une réponse urgente de la communauté internationale, tout en rappelant que la population civile paie le plus lourd tribut de ce conflit qui s’intensifie jour après jour.
Les récentes alertes de la MONUSCO interviennent alors que les appels à une réforme profonde du soutien international à la RDC se multiplient. Kinshasa accuse de longue date Kigali de soutenir militairement le M23, une position également reconnue dans plusieurs rapports onusiens, bien que le Rwanda continue de démentir ces allégations.








