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Kabila contre-attaque : « Militaire, j’ai juré de défendre la patrie »

Kabila contre-attaque : « Militaire, j’ai juré de défendre la patrie »

Face aux récentes offensives politiques et judiciaires visant sa personne et ses proches, Joseph Kabila adopte un ton solennel. Dans son discours du 23 mai, l’ancien président réaffirme sa loyauté envers la nation et accuse le pouvoir actuel de manipuler les institutions à des fins de persécution politique.

Joseph Kabila brise le silence. Après six années de retrait volontaire, l’ancien président de la République démocratique du Congo a prononcé un discours empreint de gravité, dans lequel il affirme revenir sur la scène non pour lui-même, mais pour « défendre la patrie ». Un passage, en particulier, a marqué les esprits : « Militaire, j’ai juré de défendre la patrie jusqu’au sacrifice suprême. Hier au pouvoir, aujourd’hui en dehors du pouvoir, je demeure fidèle à ce serment. »

Cette déclaration intervient dans un contexte où les attaques ciblant son entourage politique se multiplient. Ces dernières semaines, plusieurs figures de sa famille politique, le Front Commun pour le Congo (FCC), ont été interpellées, harcelées ou marginalisées. Dans le même temps, une tentative d’examen d’une demande de levée de ses immunités parlementaires a été engagée au Sénat, avant de buter sur de nombreuses contestations juridiques et politiques.

Kabila dénonce ce qu’il considère comme une « criminalisation sélective » à but politique. Sans citer directement les procédures en cours, il évoque des « provocations », des « imputations dommageables », des « humiliations », et des « atteintes à [sa] dignité », qui visent autant sa personne que ses proches.

Dans son allocution, l’ancien chef de l’État présente ces attaques comme une manœuvre délibérée du pouvoir actuel pour détourner l’attention de ses échecs : « Ce discours odieux vise à faire oublier l’incapacité, aujourd’hui avérée, à répondre aux attentes du peuple. »

Plus encore, il accuse le régime en place d’avoir transformé les institutions de l’État – Sénat, justice, services de sécurité – en « outils d’oppression » au service d’un agenda de règlement de comptes.

Pour Kabila, ces pressions ne font que renforcer son engagement. Se présentant comme un homme d’État resté fidèle à son serment militaire, il refuse de céder à la peur ou au chantage politique. « Le Congo est la priorité absolue. La souveraineté et l’intégrité territoriale ne sont pas négociables », martèle-t-il.

Dans un contexte d’instabilité sécuritaire persistante à l’Est du pays, Kabila se pose une nouvelle fois en défenseur de l’unité nationale, en opposition à ce qu’il qualifie de « dérive clanique » du pouvoir actuel. En filigrane, un message : l’ex-chef de guerre devenu président ne renonce pas à son rôle d’acteur historique. Et il entend encore peser.

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