Le Secrétariat général de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a exprimé son indignation suite aux récentes déclarations du Vice-Premier Ministre en charge des Transports et Voies de Communication, Jean-Pierre Bemba, lors de son interview sur Radio Top Congo le 4 décembre 2024. Le ministre a accusé l’Église catholique de mauvaise gestion des fonds alloués aux diocèses pour des projets caritatifs et de développement, insinuant que les 47 diocèses auraient détourné les montants destinés à ces œuvres. Ces propos ont été qualifiés de “belliqueux”, “discourtois” et “truffés de contrevérités” par la CENCO, qui les a jugés indignes d’un homme d’État de son rang.
L’Église catholique : un acteur de développement
Dans sa réponse, la CENCO a rappelé que l’Église n’a jamais demandé ces financements, mais a accepté de collaborer avec le gouvernement congolais pour la mise en œuvre de projets de développement social et économique, à la demande expresse du Président de la République. Cet accord entre le gouvernement et l’Église, signé il y a plus de deux ans, visait à utiliser l’expérience et l’implantation de l’Église dans toutes les régions de la RDC pour améliorer les conditions de vie des Congolais, en particulier dans les zones les plus reculées du pays.
Le gouvernement avait promis un financement trimestriel pour chaque diocèse, mais en raison de contraintes financières, les paiements n’ont pas été effectués dans les délais, avec seulement deux tranches de 300.000 dollars distribuées à chaque diocèse en 2022 et 2023. Malgré ces retards, la CENCO assure que les projets ont bien avancé, bien que certains aient été partiellement inachevés à cause du manque de financement.
La transparence et l’engagement de l’Église
La CENCO a insisté sur le fait que le rapport sur l’utilisation de ces fonds a été remis en main propre au Président de la République et à la Première Ministre, et a été rendu public, avec des preuves photographiques des projets réalisés. En toute transparence, l’Église a également annoncé sa volonté de permettre à l’Inspection Générale des Finances (IGF) de vérifier la comptabilité de ces projets, soulignant qu’aucune malversation ne serait tolérée.
Accusations infondées
La CENCO a par ailleurs réfuté les accusations de Jean-Pierre Bemba concernant une collaboration présumée avec la Russie pour manipuler le processus électoral. Selon l’Église, ces insinuations sont sans fondement et visent à discréditer son rôle de gardienne de la paix et de la justice sociale en RDC. L’Église catholique a toujours plaidé pour la transparence des élections et la préservation de la stabilité politique, loin des accusations de manipulation électorale.
L’appel à la paix et au respect
Enfin, la CENCO a rappelé au Vice-Premier Ministre que l’Église, en tant qu’acteur de paix et de réconciliation, a toujours œuvré pour la cohésion nationale et la défense des droits humains. Elle a déploré l’attitude de Bemba, qui semble ignorer les appels récurrents de l’Église en faveur du respect de la Constitution, de la démocratie et de l’unité nationale. L’Église a également rappelé que, même pendant son incarcération à La Haye, Jean-Pierre Bemba avait bénéficié de la solidarité de l’Église catholique, une attitude qui semble aujourd’hui oubliée par ses récentes déclarations.
La CENCO a conclu son communiqué en appelant à plus de respect et de dialogue, et a invité le VPM Jean-Pierre Bemba à présenter des preuves concrètes pour étayer ses accusations, tout en soulignant que l’Église continuera de jouer son rôle prophétique sans se laisser intimider.








