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Jean-Marc Kabund décline l’offre d’union nationale de Félix Tshisekedi

Jean-Marc Kabund décline l’offre d’union nationale de Félix Tshisekedi

Kinshasa, le 27 février 2025 – À peine sorti de prison après deux ans et demi d’incarcération, Jean-Marc Kabund, ancien président intérimaire de l’UDPS et ex-proche de Félix Tshisekedi, a marqué une distance claire avec l’initiative du chef de l’État visant à former un gouvernement d’union nationale. Dans une déclaration ferme, il rejette toute participation à cette dynamique, dénonçant ce qu’il considère comme une « instrumentalisation politique de la crise sécuritaire ».

Un rejet catégorique du schéma proposé

Dans une interview accordée à Jeune Afrique, Jean-Marc Kabund a affirmé ne pas être intéressé par une quelconque collaboration avec le pouvoir en place. « Je refuse de cautionner une instrumentalisation politique de la crise sécuritaire. Donc, je ne suis ni demandeur ni preneur », a-t-il tranché.

Cette position contraste avec la volonté affichée par Félix Tshisekedi qui, le 22 février, a réuni les membres de l’Union sacrée pour leur annoncer son intention d’élargir son gouvernement à des figures de l’opposition. Pour ce faire, il a mandaté son conseiller spécial afin de mener des consultations avec différents acteurs politiques.

Mais pour Jean-Marc Kabund, cette proposition manque de crédibilité. L’ancien homme fort du régime estime que l’exécutif actuel ne garantit ni justice ni respect des institutions, ce qui le pousse à refuser de cautionner un projet qu’il juge incohérent. « Comment croire en une ‘union nationale’ pilotée par un pouvoir qui emprisonne ceux qui le critiquent, viole les lois et méprise les institutions ? », s’interroge-t-il.

Une posture d’opposant affirmée

Depuis son incarcération, Jean-Marc Kabund s’est repositionné en opposant frontal au régime en place. Malgré sa récente libération, il semble déterminé à poursuivre son combat contre ce qu’il considère comme des dérives autoritaires du pouvoir. Il ne remet pas en cause la nécessité d’une mobilisation nationale contre l’agression dont est victime la RDC, mais refuse que cette cause serve de prétexte à une manœuvre politique.

Cette prise de position pourrait avoir des répercussions sur le climat politique congolais, alors que Félix Tshisekedi tente de renforcer l’unité nationale face aux défis sécuritaires. Si certains opposants pourraient être séduits par la perspective d’un gouvernement élargi, Jean-Marc Kabund, lui, choisit de rester dans la contestation et marque une rupture définitive avec le pouvoir en place.

Un paysage politique en recomposition

Avec cette déclaration, l’ancien président intérimaire de l’UDPS s’inscrit dans une ligne de fracture entre ceux qui pourraient rejoindre le gouvernement d’union et ceux qui refusent toute collaboration avec Félix Tshisekedi. Son rejet témoigne des tensions persistantes au sein de l’opposition et de la difficulté du chef de l’État à convaincre ses anciens alliés de le rejoindre dans cette nouvelle dynamique.

Alors que la situation sécuritaire continue de se détériorer, le pari d’un gouvernement d’union nationale semble encore loin d’être gagné. Le refus de Jean-Marc Kabund illustre la méfiance persistante d’une partie de l’opposition à l’égard du régime en place, réduisant ainsi les chances d’un consensus politique large pour faire face aux défis du pays.

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