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RDC : 55 militaires condamnés à mort pour fuite devant l’ennemi à Butembo

RDC : 55 militaires condamnés à mort pour fuite devant l’ennemi à Butembo

Butembo, 28 février 2025 – Le tribunal militaire de garnison de Butembo a prononcé ce vendredi une condamnation à mort contre 55 militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), accusés de fuite devant l’ennemi et d’autres infractions graves. Ce verdict a été rendu après un procès en flagrance qui s’est tenu durant cinq jours à Musienene-État, derrière la ligne de front, dans le territoire de Lubero.

Une justice militaire implacable face à la désertion

Ces militaires ont été reconnus coupables d’avoir abandonné leurs unités engagées au front contre les rebelles du M23, actuellement en progression dans la région. Selon l’accusation, plusieurs d’entre eux auraient été arrêtés en pleine tentative de fuite loin des combats, tandis que d’autres étaient impliqués dans des actes de pillage, de viols et de meurtres dans les villages qu’ils traversaient.

Outre les condamnés à mort, deux autres soldats ont écopé de deux ans de servitude pénale, un autre de cinq ans, tandis qu’un militaire a été acquitté. Le tribunal s’est cependant déclaré incompétent pour juger six prévenus arrêtés en décembre 2024, alors que le procès concernait des faits en flagrance.

Rétablir la discipline dans les rangs de l’armée

Le major Georges Nkuwa, chef du parquet militaire de Butembo, a justifié la sévérité des peines en insistant sur la nécessité de maintenir la discipline au sein des forces armées face aux menaces sécuritaires dans l’Est du pays.

« La discipline est la mère des armées. Nous devons traquer tous les indisciplinés : ceux qui abandonnent le front sans autorisation, ceux qui fuient l’ennemi et ceux qui violent les consignes de guerre. En ces circonstances exceptionnelles, la rigueur de la loi doit être appliquée. »

La justice militaire cherche ainsi à envoyer un message fort aux soldats encore engagés dans les combats contre les rebelles du M23 et leurs alliés, alors que la situation sécuritaire reste critique dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Une défense déterminée à faire appel

Du côté de la défense, l’indignation est palpable. Maître Jules Muvweko, avocat des condamnés, a dénoncé un verdict biaisé et a annoncé son intention d’interjeter appel devant une juridiction supérieure.

« Nous ne sommes pas satisfaits. Beaucoup de nos clients ont été condamnés sans preuves suffisantes. Le tribunal s’est rallié à la position du ministère public sans analyser en profondeur les faits. Nous allons saisir la cour pour obtenir un réexamen du dossier. »

Une situation préoccupante sur le terrain

Ces condamnations interviennent alors que la pression exercée par les rebelles du M23 s’intensifie sur plusieurs fronts dans le Nord-Kivu. Face aux assauts ennemis, de nombreux soldats se retrouvent démoralisés, certains cherchant à déserter tandis que d’autres se livrent à des exactions contre la population civile.

Avec ces verdicts, la justice militaire espère dissuader de futures désertions et actes de pillage, dans un contexte où les autorités congolaises tentent de contenir l’avancée des groupes armés dans l’Est du pays.

L’affaire étant désormais en appel, il reste à voir si ces lourdes peines seront confirmées ou allégées dans les prochaines semaines.

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