Kinshasa, 25 mars 2025 — L’ancien président de l’Assemblée nationale et vice-président du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), Aubin Minaku, a finalement quitté libre l’auditorat militaire dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 mars, après de longues heures d’audition.
C’est Patrick Nkanga, rapporteur du bureau politique du PPRD, qui a annoncé la nouvelle peu après minuit sur le réseau social X (anciennement Twitter) : « Le Vice-Président du Parti Aubin Minaku en route pour la maison. »
Tout au long de la soirée, la présence prolongée de Minaku dans les locaux de la justice militaire avait suscité rumeurs et inquiétudes. À 23h06, il était toujours entendu, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux montrant également plusieurs cadres du PPRD regroupés aux abords de l’auditorat.
Officiellement, aucune mesure privative de liberté n’a été notifiée. Aucun mandat d’arrêt ni mise en garde à vue ne semblait en cours. Toutefois, certaines sources évoquaient une forte pression politique en coulisses, dans un contexte tendu où plusieurs responsables du PPRD sont soupçonnés de collusion avec des « forces hostiles » au pays.
« Il y a trop de traîtres ici à Kinshasa qui collaborent et sont en contact avec l’ennemi, et les gens du PPRD sont parmi ces traîtres », a affirmé un haut responsable sécuritaire sous anonymat.
L’avocat d’Aubin Minaku, Me Trésor Lungungu, a dénoncé une tentative de détention arbitraire, malgré l’absence d’éléments concrets dans le dossier.
« Nous apprenons des sources proches de l’auditorat que, bien que le dossier de notre client soit vide, il a été décidé de le mettre en détention provisoire et que les autorités mêlées comptent sur la fatigue des militants venus soutenir notre client pour passer à exécution ce mandat d’arrêt provisoire et l’acheminer au lieu de détention. Nous condamnons avec fermeté l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Les dirigeants de ce pays qui se livrent à ces pratiques dictatoriales ne doivent pas oublier qu’un jour ils laisseront aussi la place aux autres… »
Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités judiciaires. Le climat reste tendu, et le PPRD dénonce une justice à géométrie variable, utilisée à des fins de règlement de comptes politiques.








